Alexia Bertrand: "Bruxelles doit à nouveau faire rêver"
Juriste de formation (UCL) et avocate en droit des sociétés, Alexia Bertrand est également conseillère communale et présidente du MR de Woluwe-Saint-Pierre. Depuis fin 2015, cette mère de trois enfants est cheffe de cabinet du vice-Premier ministre Didier Reynders.

- Publié le 14-05-2019 à 15h59
- Mis à jour le 21-05-2019 à 14h54

Derrière les têtes de liste et autres locomotives électorales, de nombreux candidats mènent campagne de façon moins visible en vue du 26 mai. Ils battent le pavé sur les marchés, activent leurs connexions sur les réseaux sociaux ou lancent des initiatives plus ou moins originales. Leur but : se faire remarquer de l'électeur. A travers la série "Campagne Express", LaLibre.be a décidé de mettre en lumière douze de ces candidats.
Ce mardi : Alexia Bertrand, 3e sur la liste MR à la Région bruxelloise.
Qui est-elle ? Juriste de formation (UCL) et avocate en droit des sociétés, Alexia Bertrand est également conseillère communale et présidente du MR de Woluwe-Saint-Pierre. Depuis fin 2015, cette mère de trois enfants est cheffe de cabinet du vice-Premier ministre Didier Reynders.
Dans cette campagne, quelles sont vos deux priorités absolues ?
J'essaie d'insuffler une vision pour Bruxelles afin qu'elle fasse à nouveau rêver ses habitants comme d'autres villes du monde nous font rêver. Cela implique de développer un projet de ville, en matière de mobilité, d'aménagement du territoire, d'infrastructures et d'isolation des bâtiments. Pour cela, il faut respecter les classes moyennes, les entreprises, les utilisateurs de tous les modes de transport. Il faut donc développer une approche multimodale dans laquelle le métro, comme le tram, le bus et le train font partie de la solution sans opposer les usagers les uns aux autres.
Ma deuxième priorité concerne l'emploi. Nous devons travailler sur la formation car les chiffres sont édifiants! Près d'un quart des moins de 25 ans sont inscrits chez Actiris comme demandeurs d'emploi inoccupés. Il faut donner aux Bruxellois sans emploi un véritable parcours de formation, assurer l'apprentissage des langues, les orienter vers les métiers en pénurie.
Comment faites-vous campagne ?
J'ai décidé de ne pas me contenter de défendre les idées et le programme de mon parti, mais aussi de mettre en avant les projets positifs pour Bruxelles que portent d'autres formations politiques et d'autres candidats. Il y a en effet des sujets sur lesquels on peut se retrouver et travailler ensemble au-delà des clivages traditionnels. Cela se concrétise par un débat inclusif qui aura lieu le 17 mai à 18h30 à Saint-Louis. Avec quatre autres candidates de différents partis, nous montrerons les convergences entre nos programmes et les sujets sur lesquels nous avons envie d'avancer ensemble. C'est un débat atypique et inédit! Je fais aussi campagne sur le terrain, au contact direct des habitants: aux abords des transports en commun, en faisant du porte-à-porte, sur les marchés.
Qu'est-ce qui vous réjouit et exaspère le plus dans cette campagne ?
Je me réjouis de voir qu'il y a une nouvelle génération au MR qui siègera au Parlement de la Région Bruxelloise et qui partage toute une série de préoccupations. Cela montre qu'il y a, à côté des députés expérimentés, un renouvellement et un rajeunissement.
Par contre, cette campagne manque de fond. Je regrette la violence des attaques et le déni des réalités. Par ailleurs, le manque d'intérêt de beaucoup pour la politique m'inquiète et m'attriste. Il est compréhensible mais, si on ne s'occupe pas de la politique, la politique s'occupe de nous!
Dans cette campagne, le MR semble incapable d'adresser un projet enthousiasmant auprès des 700.000 primo-votants...
Bien au contraire! Avec 9 autres jeunes candidats, on a écrit un récit illustré qui imagine Bruxelles en 2030 en termes de mobilité, d'emploi, d'enseignement, de participation citoyenne, de transition énergétique... L'idée est de se projeter à plus long terme qu'une législature. C'est justement un moyen de s'adresser aux jeunes pour montrer les transformations positives que peut connaître Bruxelles avec nous, et de voir comment nous voulons aménager la région. C'est une manière ludique de réenchanter la démocratie.