Françoise Schepmans: "Ministre de l'Éducation ? Dans l'absolu, bien sûr que cela me plairait"
Françoise Schepmans conduira la liste bruxelloise du MR le 26 mai. L'ancienne bourgmestre de Molenbeek tient son cheval de bataille : la formation des jeunes.

- Publié le 09-03-2019 à 07h04
- Mis à jour le 12-03-2019 à 13h58

Françoise Schepmans conduira la liste bruxelloise du MR le 26 mai.L'ancienne bourgmestre de Molenbeek tient son cheval de bataille : la formation des jeunes.Elle revient au passage sur le départ d'Alain Destexhe du MR et sur la santé de son parti dans la capitale.
"La Région bruxelloise m'a manqué. Je reviens à mes premières amours." Françoise Schepmans ne cache pas son enthousiasme lorsqu'il s'agit de penser le futur de la capitale. On l'oublie souvent mais la députée fédérale et ancienne bourgmestre de Molenbeek a jadis été cheffe de file du Mouvement réformateur au Parlement bruxellois. C'était au lendemain de la mort de Jacques Simonet. Elle a également officié durant trois années en tant que présidente du Parlement de la Communauté française. Mais cela, c'était avant que son parti soit relégué sur les bancs de l'opposition, en 2004. Une éternité en politique.
Vous voilà tête de liste pour le MR bruxellois. Quelle est votre grande priorité pour la Région ?
L'éducation, sans conteste. C'est une matière qui m'a toujours tenu à cœur. À Molenbeek, là où j'ai été bourgmestre, la question de l'enseignement et de la formation est fondamentale. En Région bruxelloise, il y a 22 % des jeunes qui ont moins de 17 ans. C'est donc un véritable défi qui se pose à nous, singulièrement dans les communes les plus précarisées. Mais j'insiste, mon projet est pensé sur une logique de quartiers et non sur une logique de communes.
Faut-il régionaliser l'enseignement technique et professionnel, comme suggéré par certains de vos homologues wallons ?
Selon moi, il est clair qu'il faut davantage de collaborations entre la Région bruxelloise et la Fédération Wallonie-Bruxelles. Cela doit-il forcément passer par une régionalisation ? Certainement pour l'enseignement technique et professionnel, mais tout en gardant une coupole réglementaire commune au niveau de l'enseignement francophone. L'enseignement qualifiant doit répondre aux besoins économiques de la Région où ces jeunes vivent et font leurs études.
Ce n'est pas suffisamment le cas aujourd'hui ?
Ce n'est absolument pas le cas ! Je pense que le programme actuel n'est pas adapté à l'enseignement technique et professionnel. Celui-ci doit être beaucoup plus pragmatique et mieux outillé. Il doit aussi être davantage orienté sur les nouveaux métiers de la ville, soit les nouvelles technologies, le numérique, les métiers de la sécurité ou encore les métiers du rail. Selon les derniers chiffres d'Agoria, il y a 30 000 emplois vacants en Belgique qui concernent des métiers en lien avec le numérique et les nouvelles technologies. Cette ouverture sur le numérique est donc tout à fait essentielle.
Le Pacte d'excellence est une autre pièce majeure de notre enseignement. Pourquoi votre parti est-il opposé à l'allongement du tronc commun jusqu'à 15 ans ?
Il faut d'abord rappeler que le MR a toujours été favorable à l'abaissement de l'âge de l'obligation scolaire, soit de 6 à 5 ans. Nous ne sommes pas favorables à l'allongement du tronc commun dans les conditions actuelles précisément parce que si l'enfant subit un retard, celui-ci ne pourra être mis en évidence qu'à l'âge de 15 ans. C'est beaucoup trop tard dans l'apprentissage chez l'enfant. Il faut avoir une attention particulière tout au long de la scolarité. C'est notamment la raison pour laquelle je pense que le CEB reste une évaluation positive et intéressante avant d'entrer dans le secondaire.
Vous plaidez également pour la suppression du décret Inscription tel qu'il existe actuellement. Celui-ci entend notamment garantir la mixité sociale au sein des écoles. On n'y est pas non plus ?
On n'y est pas du tout ! Ce décret a eu pour effet d'inciter les parents à adopter des comportements biaisés. Certains déménagent pour se rapprocher de l'école de leur choix mais ce n'est plus le contenu du projet pédagogique ou philosophique qui les guide.
Que proposez-vous pour lutter contre la ghettoïsation de certaines écoles ?
Il faut construire de nouvelles écoles .
Aisé à dire. Plus difficile à mettre en œuvre. Avez-vous l'ambition de briguer un jour le poste ministériel de l'Enseignement ?
C'est vrai que c'est un domaine que j'apprécie beaucoup, mais je pense que l'enseignement peut être aussi bien défendu à l'échelon de la Région bruxelloise que de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Je n'ai pas la prétention à cela, mon but est d'abord que le MR revienne dans la majorité à Bruxelles. Françoise Bertieaux, la "Madame Enseignement" du MR (NdlR : l'intéressée a récemment annoncé qu'elle quittait la vie politique pour des raisons privées) a été très active. C'est vrai que j'ai toujours aimé les matières dites "personnalisables" et que j'ai toujours apprécié le travail du côté de l'exécutif.
Ministre de l'Éducation et de la Culture, cela vous plairait-il ?
Oui, dans l'absolu bien sûr que cela me plairait. Mais je le répète, tout dépendra des résultats du Mouvement réformateur lors du scrutin du 26 mai.