Après le MR et Défi, c’était au tour du CD&V de se choisir un nouveau président. Le second tour de cette élection interne se déroulait ce vendredi : avec 53 % des voix, c’est Joachim Coens qui l’a remporté face à Sammy Mahdi. Peu connu au sud de la frontière linguistique, il succédera à Wouter Beke. Au premier tour de l’élection, il avait obtenu le meilleur score (26 %).

Joachim Coens est bourgmestre de Damme, une bourgade de près de onze mille habitants située à quelques kilomètres de Bruges. Âgé de 53 ans, il est aussi l’administrateur-délégué de la société qui gère et exploite le port de Zeebruges, l’un des ports gaziers les plus importants d’Europe.

Son père, Daniël Coens, ancien bourgmestre de Damme, a été ministre de l’Éducation sous le gouvernement Martens V avant de prendre les rênes de ce même portefeuille mais au sein du gouvernement flamand entre 1988 et 1992. Comme ce dernier, Joachim Coens a fait carrière en Flandre, au parlement flamand, de 1995 à 2001, parallèlement à sa carrière d’échevin dans la commune de Damme depuis 2014, après l’accident de la route qui a coûté la vie à son prédécesseur. Ingénieur civil de formation, il a évolué dans le secteur de la construction à l’étranger, à Dubaï et en Europe de l’Est.

Séduire l’électorat flamand

Le nouveau président du CD&V devra relever de nombreux défis. “À commencer par essayer de retrouver des électeurs puisqu’ils ont enregistré le plus mauvais score de toute leur histoire lors des dernières élections”, analyse Dave Sinardet, politologue à la VUB. “Ce défi est lié à la question du profil du parti. Doit-il aller plus à gauche ou plus à droite ? Que ce soit sur des questions socio-économiques ou sur l’immigration et la sécurité, la question va se poser. Ensuite, il faudra qu’il définisse comment vont se développer les liens avec le pilier catholique flamand, les mutuelles, etc. Sous le gouvernement Michel, le syndicat chrétien a été très critique envers le CD&V, ce qui généré une grande frustration au sein du parti. Joachim Coens vient de l’ACW (la coupole des organisations des travailleurs chrétiens en Flandre, désormais appelée “Beweging.net”, NdlR) et a des liens assez fort avec ce milieu.”

Le choix difficile de l’opposition

Ça, c’est pour le long terme. Sur le court – voire très court– terme, le nouveau président devra se prononcer sur la participation ou non du CD&V à la formation d’un gouvernement fédéral. “Cela dépend si l’option arc-en-ciel se développe ou pas. Le CD&V en sera-t-il ? Ou préférera-t-il aller dans l’opposition ?”, s’interroge le politologue. Et d’ajouter que le choix de l’opposition n’est pas dans l’ADN du parti. “Ils ont toujours été au centre du pouvoir et donc mis ce profil de bons gouvernants en avant. L’opposition n’est donc pas forcément une bonne idée. Comme ils ont une aile gauche et une aile droite, il n’est pas évident d’avoir un profil dans l’opposition.”

Pour l’heure, le CD&V s’est montré peu emballé de monter dans un gouvernement fédéral sans la N-VA. Il n’est pas non plus séduit par les propositions sur le volet éthique (euthanasie, IVG) telles qu’abordées dans la dernière version de la note de l’informateur royal, Paul Magnette. Selon les informations de La Libre (lire p.9), celle-ci serait toutefois en cours de remaniement. À suivre, donc…

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