Le nouveau ministre de la Défense, Philippe Goffin, est allé mardi matin à la rencontre des militaires de l'opération de sécurité intérieure Vigilant Guardian, en cours depuis près de cinq ans, en affirmant que leur présence en rue et dans les aéroports restait indispensable en dépit de la diminution de la menace terroriste. 

M. Goffin (MR) s'est d'abord rendu à l'aéroport de Zaventem, accompagné par de hauts responsables militaires, dont le chef de la Défense (Chod), le général Marc Compernol. Il a accompagné une patrouille qui sécurise la zone publique de Brussels Airport - actuellement des hommes et des femmes du 4e bataillon de génie d'Amay, près de Huy.

"Nous sommes présents pour manifester notre soutien au travail (des militaires) sur le territoire national", a-t-il affirmé à quelques journalistes en rappelant qu'il avait déjà rendu visite au début du mois, peu après son entrée en fonction, le 1er décembre, comme ministre de la Défense et des Affaires étrangères, aux détachements belges déployés au Niger et au Mali, en Afghanistan et en Lituanie.

M. Goffin a expliqué que l'opération Vigilant Guardian restait nécessaire - elle a été prolongée vendredi par le gouvernement fédéral jusqu'au 2 février 2020, avec un maximum de 550 personnes. "Les circonstances le justifient", a-t-il souligné, alors que le niveau d'alerte terroriste est redescendu à deux (sur une échelle de quatre), avec certains sites (aéroports, gares internationales, métros, ambassades) maintenus en niveau 3, selon l'Organe de Coordination pour l'Analyse de la menace (OCAM).

Il a néanmoins réaffirmé sa volonté de réduire à terme ce "gros effort" pour la Défense que représente cet appui à la police fédérale à 200 militaires (plus une centaine en réserve, rapidement déployables).

Le nombre actuel de militaires effectivement déployés est d'environ 420, a précisé le ministre.

"La volonté est de réduire au plus bas possible" en fonction de négociations en cours avec le SPF Intérieur et la police fédérale, a-t-il poursuivi.

M. Goffin s'est ensuite rendu dans le quartier du Sablon, dans le centre de Bruxelles, pour accompagner une patrouille en rue et remettre un cadeau, en cette veille de Noël, aux militaires d'OVG, une paire d'écouteurs-oreillettes.

Les militaires sont présents en rue ainsi qu'autour de sites nucléaires - mais désormais uniquement encore en Flandre - depuis le 17 janvier 2015, à la suite de l'attentat contre l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo à Paris et du démantèlement d'une cellule djihadiste à Verviers.

"Vigilant Guardian" a mobilisé jusqu'à 1.800 militaires après les attentats du 22 mars 2016 à l'aéroport de Zaventem et dans la station de métro Maelbeek à Bruxelles, avant de connaitre une réduction des effectifs à 550 au maximum.

La hiérarchie militaire estime qu'OVG ne devrait idéalement impliquer que de 300 à 500 militaires pour ne pas nuire à leur entraînement et à leur vie sociale.