"Aura-t-on assez de place ?": la difficulté, c'est de prévoir le nombre d'enfants à accueillir dans les garderies

- Publié le 28-04-2020 à 19h43
- Mis à jour le 29-04-2020 à 10h50

Va-t-on assister au retour massif des enfants dans les garderies ? Écoles et crèches s'organisent malgré cette grosse inconnue. De nouvelles balises côté flamand pour rattraper le retard dans la formation.
Pour les écoles, l'anticipation de ce qui se passera dans les semaines à venir est un vrai casse-tête. Les directions sont en effet confrontées à une énorme inconnue, entre autres points d'interrogation : combien d'enfants (re)prendront-ils le chemin des garderies ? On parle bien ici de celles qui, depuis la suspension des cours, ont continué à accueillir les enfants du personnel soignant et d'autres parents en première ligne. Jusqu'ici, très peu d'élèves se sont présentés, surtout dans le maternel et le primaire. La circulaire qui détaille les conditions de retour partiel à l'école pour une partie des élèves consacre un paragraphe à la question. On lit : "Au regard de la reprise progressive de l'activité économique et professionnelle, il convient d'anticiper une montée en puissance des garderies." Car la situation va changer.
Aux publics concernés jusqu'ici s'ajouteront les familles des secteurs en reprise (le 4 mai pour quelques-uns puis surtout le 11 mai, selon le calendrier de confinement prévu), ainsi que les enfants vivant dans des conditions sociales compliquées. Et trois consignes sont exprimées dans les premières instructions : pas de mélange des groupes ("Il est impératif d'appliquer la logique de silo dans la formation des groupes d'élèves en se basant autant que possible sur la composition des groupes classes"), maximum dix élèves par groupe et minimum 4 m2 par élève.
"Les parents ne savent pas encore"
Pour tenter de savoir à quoi s'attendre, beaucoup d'écoles ont tenté de sonder les familles par email dès le week-end dernier. "Le problème, c'est que les parents ne savent pas encore eux-mêmes s'ils devront aller travailler, à quelles heures et en télétravail ou pas", rapporte Pascale Impe, la directrice de l'école primaire Maria Assumpta (Laeken) où aucun enfant n'est accueilli en garderie pour l'instant. Et puis, il y a l'inquiétude des familles: "Beaucoup ont aussi des craintes quant au respect des précautions sanitaires". Et de préciser avoir pris les devants pour acheter tout le matériel nécessaire.
Toujours à propos des garderies, la circulaire recommande de faire "appel à la responsabilité collective des parents pour qu'ils envisagent toutes les alternatives de garde possibles n'impliquant pas de personne à risque". Avec cette difficulté qu'à l'heure où certains devront reprendre le chemin du travail en présentiel, leurs jours de congé sont quasiment épuisés.
"Aura-t-on assez de place ?"
Sans savoir l'espace que demanderont les garderies, le retour des 6e primaires s'organise malgré tout pour le 18 mai. "À ce stade-ci" , reprend Pascale Impe, "il est prévu de diviser chacune de nos trois classes en trois groupes de huit qui viendront des jours différents." Chaque instit retrouverait ainsi sa classe en trois fois, histoire de soigner un contact privilégié avec chaque enfant. "Ensuite, on verra…" Le scénario devra être adapté en fonction d'un tas de paramètres dont le nombre d'élèves qui se présenteront par ailleurs.
À quelques blocs de maisons de là, Pascale Vanhove dirige la section maternelle de la même école. On sait que, pour les petits, aucun retour en classe n'est encore programmé. Mais ici, les 25 élèves de 1re primaire, attendus à partir du 25 mai, ont cours avec les plus jeunes à cette adresse. "On est en train de faire un tas de calculs et de se poser un tas de questions , dit-elle. Qui va revenir, à la garderie et en classe ? Aura-t-on assez de place pour tout le monde ? Et comment organiser le défilé quotidien des parents ?"
"Faudra-t-il rappeler du personnel ?"
Ici aussi, les parents peinent à répondre au message visant à sonder leurs intentions futures. Seulement cinq enfants sont dans les murs aujourd'hui mais la possibilité de retours plus nombreux oblige à penser à tout dès maintenant. "Nous aurons besoin d'équipes de nettoyage supplémentaires, mais combien ?" Cette inconnue n'est pas un détail : ce personnel est payé sur fonds propres souvent tirés des activités extrascolaires qui n'ont plus lieu.
Autre cas de figure au collège fondamental du Biéreaux (Louvain-la-Neuve), une grosse école maternelle et primaire de 460 élèves (dont un seul est à la garderie ce mardi). "Ici, nous avons la possibilité d'utiliser de nombreux locaux", explique Stéphane Vreux, le directeur. N'empêche : les mêmes questions se posent. "Quel sera l'impact des retours à la garderie ? Et en 6e primaire, combien d'enfants reviendront : 40 ? 50 ? Faudra-t-il rappeler du personnel supplémentaire ?"
Pour lui et ses collègues qu'il côtoie dans le cadre du collège des directeurs du fondamental libre, inutile de vouloir fixer les choses trop vite. "Le vrai test, c'est la semaine du 18 mai."
