La police à nouveau sollicitée pour des contrôles dans les établissements horeca: "Nous ne pourrons pas être partout"
Port du masque: les nouvelles obligations entrent en vigueur ce samedi.
- Publié le 25-07-2020 à 07h46
- Mis à jour le 25-07-2020 à 07h47

Pour les forces de police, c'est reparti pour un tour. Après une période de relatif répit lié au déconfinement, les voici à nouveau ultra-sollicités à partir de ce samedi.
Le Conseil national de sécurité (CNS) en a décidé ainsi. Le port du masque est rendu obligatoire dans les établissements Horeca (sauf bien sûr une fois assis à table pour manger et boire). Pareille obligation dans tous les endroits à forte fréquentation, privés ou publics : foires, marchés, brocantes, rues commerçantes et bâtiments publics.
À charge des hommes en bleus de sanctionner.
Faisable ? Supportable, alors qu'ils sont déjà sur les rotules après des mois de sollicitations hors-norme (récemment, on leur a encore demandé de contrôler l'intérieur des commerces) et alors que les effectifs vont logiquement être touchés par les congés ?
Il semble que oui. Au sein des zones, la panique semble moins palpable qu'à la fin mars. Nous ne sommes plus dans le cas de figure où on leur demandait de vérifier si les conducteurs allaient bien faire leurs courses et pas autre chose. Ou encore d'interdire aux citoyens de s'asseoir sur un banc public.
Apparaît toutefois aujourd'hui une injonction pour le moins inconfortable. Les policiers vont-ils, dès ce week-end, envahir les restaurants et cafés à fins de vérifications et d'éventuelles sanctions ? Un petit coup de sonde dans les zones laisse supposer qu'il n'y aura rien de bien méchant à ce niveau-là.
"Déjà, il faudrait que l'arrêté ministériel qui nous explique comment sanctionner ne tombe pas trop tard, aujourd'hui", nous expliquait ce vendredi David Queneau, porte-parole de la police de Charleroi. "S'il devait tomber en soirée (NdlR, il a finalement été publié vers 17 h), ce serait trop court pour qu'on puisse s'y conformer et s'organiser dès ce week-end. Sinon, une fois les choses mises en place, cela pourra arriver, oui, qu'on demande aux policiers d'entrer dans les établissements Horeca." Sans plus…
Du côté de Namur, des équipes classiques patrouilleront avec, dans leur cahier des charges, un point Covid parmi les autres points habituels. Elles seront complétées par des équipes "spécial Covid". Certes, l'attention sera particulièrement portée sur le secteur Horeca et les night-shops qui doivent fermer à 22 h. "Mais nous ne saurons pas être partout ", annonce Laurence Mossiat, porte-parole de la zone. "Il faut aussi tabler sur la responsabilisation collective. Les gérants ont tout à perdre. Ils savent que, si ça ne se passe pas bien, ils risquent la fermeture. Pareil pour les citoyens. Ils risquent une marche arrière et un reconfinement."
Dans la zone Montgomery, qui regroupe Etterbeek, Woluwe-Saint-Pierre, Woluwe-Saint-Lambert, c'est encore plus clair. L'obligation du port du masque dans les artères commerciales est déjà d'application depuis un certain temps. "Et ça se passe très bien", explique le chef de corps Michaël Jonniaux. "Et je n'ai pas demandé aux policiers d'entrer dans les restaurants et les cafés."
Tout comme il ne sera pas demandé à tous les clients d'un établissement de communiquer leurs coordonnées dès leur entrée, comme c'était initialement prévu. Seule une personne par table devra le faire…
