Les F-16 belges s'envolent de Florennes pour aller combattre l'Etat islamique
Ils ont décollé mardi matin de la base de Florennes. Leur engagement en Iraq et en Syrie durera un an.

- Publié le 29-09-2020 à 12h03
- Mis à jour le 29-09-2020 à 20h37

Le raffut des réacteurs annonce un départ imminent. Sous la verrière de son F-16, un pilote salue de la main le colonel Philippe Goffin, commandant de la base aérienne de Florennes, venu assister au décollage. Il est aux alentours de 11h, mardi, lorsque quatre avions de chasse belges s'envolent pour la Jordanie, où ils seront basés. Un cinquième appareil les accompagne. Simple mesure de prudence en cas de problème technique lors du ravitaillement en l'air prévu au-dessus de la Méditerranée, grosso modo entre Marseille (sud de la France) et la Crète. Temps de vol : 4 h 45.
La Belgique fait partie depuis 2014 de la coalition internationale, forte de 77 pays, qui combat le groupe terroriste Daesh (ou État islamique) en Iraq et en Syrie. Au mois de mai, le gouvernement avait pris la décision de renvoyer quatre F-16 dans la coalition, épaulés par un détachement de 125 militaires (déjà sur place). L'engagement commence ce 1er octobre et durera un an. La zone d'intervention couvre l'ensemble de l'Iraq et le nord-est de la Syrie.
Dans l'attente des Néerlandais
"Si on veut avoir son mot à dire (au sein de la coalition, NdlR), avoir une présence politique, on doit avoir une présence sur le terrain", a commenté le colonel Goffin, mardi matin, alors que l'engagement belge contre Daesh était minimal depuis près de deux ans.
De septembre 2014 à décembre 2018, la Belgique et les Pays-Bas offraient une participation commune à l'effort de la coalition. Quand l'un des deux pays envoyait ses F-16, l'autre assurait la protection des appareils dans la base jordanienne où ils étaient postés ; et inversement. Cette fois-ci, la Défense belge fera le job toute seule. En tout cas, dans un premier temps. Selon le général major Thierry Dupont, nouveau patron de la composante Air de la Défense, le renfort des Néerlandais est espéré rapidement. Ceux-ci doivent fournir une force de protection d'une trentaine d'unités. La décision politique au Pays-Bas est a priori imminente. Pour l'heure, il n'est pas prévu une rotation entre les F-16 belges et néerlandais, comme par le passé.
Mardi, la Défense a, comme à son habitude, insisté sur les efforts qu'elle déploie pour limiter le risque de dommages collatéraux. Outre des règles d'engagement très strictes, les avions seront munis de bombes GPS et à guidage laser, très précises. Et pour la première fois, ils auront aussi un nouveau modèle de bombe (GBU-39), de type SDB ("Small Diameter Bomb"), dont l'explosion est faible, juste ce qu'il faut pour détruire la cible.
Enfin, coronavirus oblige, les membres du détachement ont été placés en isolement durant deux semaines avant leur départ et ont effectué un test de dépistage pour éviter des contaminations sur place.