Yves Coppieters: "On est un peu coincés en ce moment, on sait bien que la vaccination seule ne suffira pas à tout stopper"
Selon Yves Coppieters, il reste nécessaire à certains endroits au vu de la situation épidémiologique.

- Publié le 05-08-2021 à 07h05
- Mis à jour le 05-08-2021 à 10h13

À la fin du mois d'août, plus de 80 % des adultes devraient être complètement protégés contre le Covid-19 en Belgique. Dès lors, peut-on imaginer de nouveaux assouplissements comme la fin du port du masque obligatoire à certains endroits ?
"Je crois que le port du masque n'est plus trop contraignant. Et là où il est obligatoire, il est plus que nécessaire au vu des risques d'infection et de transmission, d'autant plus que l'on sait que le variant Delta est plus contaminant. Je ne vois donc pas très bien comment cette mesure pourrait être levée d'ici la fin du mois."
Et d'ici quelques mois, la donne peut-elle changer ?
"Le port du masque ne va pas disparaître avant des mois, surtout à l'intérieur, dans les grands magasins et les lieux publics avec de la foule. Je ne peux pas imaginer que la mesure soit levée tant qu'on n'aura pas résolu la baisse des contaminations."
La situation est-elle encore trop sensible pour annoncer la fin d'autres mesures ?
"La vaccination avance bien mais elle ne va pas tout régler. Les personnes vaccinées participent encore à la circulation du virus. La situation reste compliquée. Certains pays connaissent un nombre d'hospitalisations encore élevé. On est un peu coincés en ce moment. On sait bien que la vaccination seule ne suffira pas à tout stopper, elle seule ne pourra pas y arriver."
Connaît-on avec précision la proportion moyenne de recontamination chez des personnes vaccinées ?
"On parle d'une fourchette entre 7 et 10 %. Et ces contaminations sont logiques car la vaccination n'est pas efficace à 100 % chez tout le monde (personnes âgées, patients immunodéprimés). Toutefois, on diminue cette possibilité de 80 % grâce au vaccin. On peut avoir une charge virale dans le nez, mais elle est moins forte et la probabilité de contaminer est plus faible."
Comment jugez-vous le plan de déconfinement estival prévu par le gouvernement ?
"Je trouve qu'il est bien respecté. Mis à part le monde de la nuit et les événements avec de grandes foules, le protocole est suivi. On sait très bien qu'en septembre, avec la reprise des activités sociales et en intérieur, la période sera plus complexe. Mais nous ne sommes pas comme en France, où l'on envisage des mesures très contraignantes (avec le pass sanitaire). Si la Belgique est capable de maintenir ce qu'elle fait aujourd'hui, tout en restant vigilante, c'est comme cela qu'on assumera notre relâchement. Il faudra voir si les politiques seront capables de maintenir cet effort qui doit être proportionnel à la situation épidémiologique."