Grève dans les prisons: réunion ce mercredi entre la ministre Petra De Sutter et les syndicats pour recruter plus vite
Une procédure de recrutement de 1 200 agents est en cours de lancement
- Publié le 04-01-2022 à 20h51

La grève tournante se poursuivait mardi dans les prisons francophones et celles de Forest et Saint-Gilles… qui étaient déjà en grève la veille avec les prisons flamandes. Selon la CGSP, l'impact était de 40 % au matin puis de 60 % au fil de la journée : " Un bon résultat quand on sait qu'il y a des agents en maladie, en quarantaine ou en congés ", estime le secrétaire général de la CGSP Prisons, Grégory Wallez. " Dans les prisons où il y avait assez d'agents, le service minimum, dont la sortie préau et la distribution des repas, a pu être assuré mais pas partout. " Nul besoin de renfort de police, annonce l'Administration pénitentiaire qui indique aussi que les détenus des prisons de Tournai et de Jamioulx n'ont pas pu recevoir de visite privée ni sortir au préau jusqu'à 14 heures " En même temps, la veille, à Forest, il n'y avait que neuf agents. Le renfort police s'est déplacé puis, une fois sur place, il est reparti ", pointe Claudine Coupienne, secrétaire permanente à la CSC Services publics
Le contexte de ce mouvement est un ras-le-bol général face à la surpopulation, des bâtiments en piteux état, des conditions de détention plus que limite et un manque de 350 agents pour que le cadre soit respecté. En cause notamment : la longueur des procédures de recrutement qui fait, qu'une fois sélectionné, un candidat a trouvé ailleurs. De sorte que l'Administration n'a d'autres recours que de solliciter des contrats Rosetta.
À ce titre un Comité B "Fonction publique" aura lieu ce mercredi matin. Il réunira un représentant de la ministre Petra De Sutter et les syndicats. L'accélération des procédures y sera discutée dans les prisons mais aussi dans d'autres institutions fédérales. La réunion portera ainsi sur trois arrêtés royaux approuvés en décembre par le Conseil des ministres.
Il y sera aussi question des contrats à durée indéterminée non statutaires, avec toutefois des procédures aussi rapides que via les contrats Rosetta. " C'est déjà mieux mais ce que nous voulions, ce sont des statutaires ", commentent de concert Grégory Wallez et Claudine Coupienne. Par ailleurs, les jeunes sous contrat Rosetta pourraient rester jusqu'à 28 ans, au lieu de 26.
En même temps, une procédure de recrutement de 1 200 agents. Comblera-t-elle le trou de 350 sachant qu'il va y avoir une nouvelle prison à Haren et Termonde ainsi que la création de maisons de détention et les 300 départs à la retraite annuels ? Ce cadre de 7 000 agents restera-t-il le même alors que les peines de moins de 3 ans seront bientôt prestées ? Ce n'est pas encore clair…
