Le gouvernement bruxellois a sélectionné un site pour la construction d'une unité de biométhanisation

- Publié le 30-03-2022 à 17h01
- Mis à jour le 30-03-2022 à 17h03

On en parle depuis presque 15 ans en région bruxelloise… Le gouvernement bruxellois devrait bel et bien valider ce jeudi l'emplacement choisi pour la construction d'une unité de biométhanisation.
C'est le site de la station d'épuration de Bruxelles-Nord, à Haren, entre le pont de Buda sur la Senne et l'avenue de Vilvorde, qui a été choisi.
L'unité sera accolée à la station d'épuration, sur un site qui appartient déjà à la région bruxelloise. Elle se trouvera par ailleurs à proximité du nouveau centre de recyclage qui ouvrira ses portes en 2024.
Ce site présente l'atout de se situer dans une zone industrielle où il ne devrait pas gêner de riverains, les unités de biométhanisation dégageant de mauvaises odeurs.
30.000 tonnes de déchets par an
Autre avantage : l'énergie produite par l'usine de biométhanisation servira directement à la station d'épuration, qui en est une grande consommatrice.
Cette décision s'inscrit dans la perspective de la diminution d'émissions de CO2 et d'une plus grande indépendance énergétique, et d'une baisse du coût de traitement des déchets.
L'unité sera principalement alimentée par les déchets issus des sacs orange, où certains Bruxellois jettent leurs déchets alimentaires.
Actuellement, leur usage n'est toutefois pas obligatoire. Et la majorité des déchets alimentaires (produits périmés, épluchures etc) continuent de se retrouver dans les sacs blancs, avant d'être envoyés à l'incinérateur.
Toutefois, l'obligation européenne de trier les déchets organiques, qui prendra cours en 2024, va modifier cette donne. Et systématiser la récolte de ces déchets organiques.
L'unité de bio-méthanisation aura une capacité de 25.000 à 30.000 tonnes de déchets méthanisables par an.
À ces volumes s'ajouteront 5.000 tonnes de déchets verts et compost (feuilles, herbes de tonte etc.) issus des sacs-poubelles verts.
"Ces 30.000 à 35.000 tonnes annuelles seront transformées en biogaz. Elles produiront de la chaleur et de l'électricité par cogénération, mais aussi une autre partie sous forme de biocarburant", nous précise le porte-parole d'Alain Maron (Ecolo), ministre bruxellois de l'Environnement, qui porte le projet.
L'équivalent de deux éoliennes
La biométhanisation, processus biologique inspiré de la digestion naturelle des ruminants, permet de collecter de l'énergie à partir de la dégradation de matières organiques. "C'est important de collecter ces déchets séparément pour les valoriser. On veut sortir de la logique où on envoie trop facilement les déchets à l'incinérateur", reprend le cabinet d'Alain Maron.
En termes de production, le gouvernement table sur une production nette d'électricité de 4.275 MWhe/an, soit la consommation de 4.000 habitants et une production nette de chaleur de 4.000 MWhth/an (800 habitants) mais aussi, pour le biogaz, de 107 Nm3/t.
"La production d'électricité totale correspond à la production de deux éoliennes terrestres", précise le porte-parole d'Alain Maron.
Le nom de l'opérateur n'est pas tranché. Véolia a été cité par le passé, mais le cabinet Maron assure que toutes les options sont possibles.
Une fois l'emplacement du site validé, des analyses devront être lancées et des travaux réalisés. Alain Maron table sur une mise en service du site au plus tard en 2026, pour un coût total du projet estimé à entre 30 et 40 millions €.