Disparition de Théo Hayez, la thèse criminelle enfin retenue: "Enfin une décision logique vu les données GPS, pour la police c'était un accident", se réjouit le papa
"Il s'est arrêté durant sept minutes puis a changé de direction. Ce qui s'est passé durant ce temps est crucial."
- Publié le 21-10-2022 à 18h47
- Mis à jour le 21-10-2022 à 18h07

En Australie, le coroner Teresa O'Sullivan a annoncé, jeudi ('à minuit trente, heure belge), ses conclusions finales dans l'enquête sur la disparition du Belge Théo Hayez à Byron Bay. Ce verdict faisait suite à une "inquest" visant notamment à vérifier si la police, qui se focalisait sur la thèse accidentelle, avait bien bossé.
Finalement, les deux théories sont retenues, à savoir celle d'un accident ou celle d'une mort aux mains de tiers.
Selon la première possibilité, le routard aurait eu "un terrible accident" en tombant d'une falaise dans l'océan alors qu'il était seul. Des données téléphoniques montraient de fait qu'il marchait sur un chemin sombre et traître à travers un maquis en direction de la plage de Tallows. Cette théorie s'oppose toutefois au caractère du garçon, qui était connu comme très prudent et responsable.
La deuxième possibilité est que Théo a rencontré "une ou plusieurs personnes", et que l'une de ces personnes a causé sa mort et s'est débarrassée du corps. "Pour l'instant il n'y a malheureusement pas assez de preuves pour confirmer ou infirmer l'une ou l'autre théorie", a expliqué O'Sullivan. La possibilité que Théo Hayez se soit suicidé ou ait orchestré sa disparition est exclue.
Teresa O'Sullivan, qui suppose que le touriste est décédé, dit en outre qu'elle n'est pas en mesure d'établir une date précise du décès, mais suppose que le jeune homme pourrait être mort le 1er juin 2019 ou peu après, à Byron Bay ou dans les environs.
Théo Hayez, résident d'Overijse alors âgé de 18 ans, était en voyage en Australie depuis fin 2018. Il a été aperçu pour la dernière fois le soir du 31 mai 2019 dans la station balnéaire de Byron Bay alors qu'il devait retourner en Belgique début juin. Son téléphone avait été détecté une dernière fois par une borne le lendemain près du phare au nord-est de la localité. En dépit de recherches des mois durant par les polices australiennes et belges et des volontaires locaux, son corps n'a jamais été retrouvé.
"Enfin une décision logique !", nous commente le papa, Laurent Hayez.

"Je suis soulagé bien sûr mais je ne suis d'ailleurs pas plus surpris que ça de celle-ci. C'était trop évident qu'il fallait retenir les deux thèses, dont la criminelle, et qu'il fallait que la police recommence enfin à exploiter cette piste. Selon les données GPS du téléphone de Théo, il a quitté la discothèque pour retourner à son hôtel. Sauf qu'il s'est arrêté sept minutes devant des terrains de rugby, durant lesquelles il ne consultait plus son téléphone, puis part dans la direction totalement opposée à son hôtel. On ne pouvait rejeter plus longtemps l'hypothèse qu'il ait fait une rencontre, potentiellement mauvaise. Ces sept minutes sont cruciales."
En Australie, le coroner est un juge d'instruction chargé d'élucider les causes de certains types de décès. Dans le système australien, l'enquête menée par un coroner ou un médecin légiste doit établir l'identité de la victime, ainsi que la date, le lieu, les circonstances et les causes médicales du décès. Les procédures du coroner sont des actes d'enquête, pas des actes d'accusation. Cependant, des recommandations peuvent être faites aux autorités. "Et justement, elle en a faites", explique Laurent Hayez. "Elle demande aux autorités de faire en sorte que dorénavant, les compagnies qui gèrent les systèmes de géolocalisation, collaborent avec la justice dans certains cas." Quitte à décerner des mandats pour pouvoir consulter des données.
"C'est de fait un point qui me fout dans une colère noire. Apple, Uber… Personne ne collabore. J'avais contacté Zuckerberg pour avoir accès aux données du compte WatsApp. Il m'a gentiment remballé, se retranchant derrière le respect de la vie privée. C'est incroyable. Ce gars-là sait tout sur nous et, quand on lui demande un petit coup de main pour un fils disparu, il refuse de collaborer."