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"Ils ont une autre philosophie de travail que les ouvriers belges": pourquoi y a-t-il autant d'étrangers dans la construction ?

Fin 2022, environ 56 000 travailleurs détachés étaient actifs en Belgique dans le secteur de la construction. Le recours à la main-d'œuvre étrangère permet de remédier aux pénuries criantes dans le secteur. Mais les fraudes sont fréquentes.

Elise Legrand
Tom Guillaume
Les travaux du futur boulevard urbain à Droixhe.
Environ un travailleur sur cinq dans le secteur de la construction est un travailleur détaché. ©MICHEL TONNEAU

Des grutiers portugais, des maçons polonais, des carreleurs espagnols… Sur les chantiers de construction en Belgique, il n'est pas rare de voir se côtoyer des ouvriers issus des quatre coins d'Europe. Le système de détachement, très répandu dans l'Union européenne, permet en effet à tout employé ou ouvrier étranger d'être envoyé temporairement en Belgique afin d'y exécuter une prestation de service. Dans le secteur de la construction, 38 536 ouvriers détachés étaient actifs en Belgique fin 2022, auxquels s'ajoutent 17 682 indépendants, soit un peu plus de 56 000 travailleurs (Selon les données de Constructiv, l'organisation belge de construction, mais les chiffres varient en fonction du mode de calcul, NdlR). En sachant que le secteur de la construction emploie un total d'environ 250 000 personnes en Belgique, les travailleurs détachés représentent dès lors un travailleur sur cinq. Ce nombre est toutefois en baisse depuis le troisième trimestre 2017.

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