Le Roi appelle les négociateurs bruxellois à retrouver le sens du compromis : "Bruxelles ne doit pas devenir symbole de blocage"
Lors de ses vœux aux Autorités du pays, le roi Philippe s'est félicité de la mise en place du gouvernement fédéral, mais a pointé du doigt le blocage des négociations à Bruxelles.

- Publié le 04-02-2025 à 11h51
- Mis à jour le 04-02-2025 à 13h31

Le roi Philippe s'est exprimé ce mardi lors de ses vœux aux Autorités du pays. "Près de huit mois après les élections du 9 juin, la nouvelle équipe fédérale est enfin prête à se mettre au travail. Le pays attendait ce moment avec impatience, après la mise en place l'an dernier de quatre des gouvernements de nos entités fédérées."
Immédiatement après s'être félicité de l'accord trouvé au niveau fédéral, le Roi a mis la pression sur les négociateurs bruxellois. Le processus de formation d'un gouvernement bruxellois est, en effet, à l'arrêt complet. "Malheureusement, ce n'est pas encore le cas en Région bruxelloise, où les négociations sont aujourd'hui au point mort. Bruxelles – notre belle capitale, capitale de l'Europe également – est un carrefour, pas une impasse. Elle ne doit pas devenir symbole de blocage. Ses élus ont toujours trouvé par le passé des chemins de convergence. Je ne doute pas qu'ils auront à cœur de les trouver cette fois-ci aussi – pour le bien des habitants de la Région et l'image de notre pays."
Le Roi a poursuivi, face à un parterre de personnalité politiques (dont David Leisterh, formateur bruxellois), par un appel à retrouver le chemin du compromis à la belge. "La Belgique s'est construite sur le dialogue continu et le compromis, un modèle où le plus fort ne cherche pas à s'imposer à tout prix au détriment de l'autre, où la recherche du bien commun reste la règle de conduite première et la base de la vie politique. Les vertus sociales que sont le respect mutuel, la confiance, la solidarité, le sens du service fondent notre modèle démocratique, et le préserveront. Ne l'oublions pas."
Avant d'ajouter, dans sa conclusion : "Défendre ses convictions, c'est l'essence même de la politique. Mais dans un système pluraliste, fondé sur la formation de coalitions, la recherche du compromis l'est tout autant."
Pour le Roi, "les divergences d'opinions nourrissent le débat démocratique pour autant qu'elles ne deviennent pas des querelles stériles, où chacun campe sur ses positions. Elles doivent aussi pouvoir déboucher sur une synthèse, aboutir à des résultats tangibles, qui répondent aux besoins de la population."
Dans son discours, le chef de l'État a également souligné l'importance de conserver le chemin de la prospérité, en Belgique et en Europe. "La Déclaration d'Anvers et le rapport Draghi ont tracé la voie pour la réindustrialisation de l'Europe, en mettant l'accent sur les technologies, les infrastructures et l'approvisionnement énergétique. Je suis convaincu que la nouvelle équipe gouvernementale y sera attentive."
Le Roi a également fait référence, de manière détournée, à l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, mais aussi à la Russie de Vladimir Poutine, et aux menaces qu'elles peuvent représenter. "À une époque où certaines grandes puissances cherchent à imposer unilatéralement leur vision, restons vigilants. Notre continent européen, longtemps un havre de paix et de prospérité, est aujourd'hui menacé, tant sur le plan économique que militaire. La défense de nos territoires et de notre mode de vie est une responsabilité commune à tous les États membres de l'Union européenne, car la sécurité est le fondement premier de toute liberté. Renforcer les capacités de défense de l'Europe est une priorité absolue, et la Belgique devra faire sa part vis-à-vis de ses alliés européens et de l'OTAN."