"J'ai l'impression d'avoir été renversée et que l'on s'en fout": deux jours avant la mort de Fabian, une Bruxelloise également heurtée par la police

Deux jours avant le drame ayant coûté la vie au jeune Fabian, une mère bruxelloise a vécu une expérience troublante avec une voiture de police. Elle a décidé de témoigner.

Illustration d'une voiture de police en intervention à Bruxelles avec une banderole et un gyrophare.
(Illustration) ©BELGA

Le 2 juin 2025 restera gravé dans la mémoire de nombreux Bruxellois. Ce jour-là, un jeune garçon de 11 ans a été mortellement renversé par une voiture de police à Ganshoren. L'accident survenu suite à une course-poursuite a ému une partie du pays.

Deux jours avant l'incident dramatique, Laetitia subissait presque le même destin. Heureusement pour elle, la Schaerbeekoise est toujours en vie mais est traumatisée par ce qu'il s'est passé. Elle reste dans l'incompréhension une semaine après les faits, toujours sans nouvelle de la police et de la justice.

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Un accident surprenant

Grâce à nos confrères du Soir, l'histoire de Laetitia a pu retentir dans les oreilles des Bruxellois. Sur le retour d'un cours de peinture, la Schaerbeekoise traversait un passage piéton devant la gare de sa commune. Au milieu du passage, une voiture de police approcha rapidement et percuta la dame. Elle se souvient de l'accident : "J'ai vu la voiture arriver à toute vitesse. J'ai voulu reculer, mais je n'en ai pas eu le temps. J'ai ensuite entendu un policier se plaindre du fait qu'il était en code 3, puis se plaindre du fait que les gens 'n'avaient que ça à faire de filmer'", précise-t-elle avant de déclarer que l'autre collègue s'était montré plus empathique.

Les secours sont arrivés rapidement. D'autres policiers de la zone Bruxelles-Capitale-Ixelles sont également arrivés afin d'éviter toute implication et soucis d'indépendance vis-à-vis de la zone de police. "Alors que j'étais sur la civière, j'ai entendu quelqu'un parler de me faire souffler dans un test d'alcoolémie. Et cela tout en sentant mes dents et ma mâchoire me faire terriblement mal. Heureusement, une femme témoin de la scène a insisté pour que ça ne se fasse pas", a dévoilé la Schaerbeekoise au journal le Soir.

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Plusieurs traumas mais aucune réponse

Après ses examens à l'hôpital, le constat est consternant : fracture maxillaire, une commotion cérébrale et un état de choc psychologique. Une greffe d'os sera même nécessaire pour Laetitia. Un choc accentué par la triste nouvelle du petit Fabian. De plus, la Bruxelloise attend toujours des nouvelles de la police. "Un peu d'humanité aurait tout de même fait du bien. Ici, j'ai l'impression d'avoir été renversée et que l'on s'en fout. Je veux être entendue."

Suite à cet accident, Laetitia a fait appel à un avocat. "Dans le contexte actuel où les policiers se plaignent de la méfiance des citoyens, c'est une occasion manquée incroyable. Le simple fait d'avoir des policiers venant présenter des excuses permettrait de restaurer un peu de confiance. Ici, cela finit par enfoncer Madame dans son traumatisme. D'autant qu'il y a en plus cet épisode du test d'alcoolémie. C'est un peu comme s'il fallait être méfiant avec tout, et notamment la victime d'un accident, qui se trouvait sur le passage piéton", expliquait Me Guillaume Lys.

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