La Belgique s'apprête à connaître des températures proches de 40°: combien de temps va durer cette vague de chaleur?
Il va faire chaud, très chaud, dans les prochains jours. Mais quand cela va-t-il s'arrêter?

- Publié le 30-06-2025 à 08h38
- Mis à jour le 30-06-2025 à 14h46

Depuis ce week-end, un dôme de chaleur s'est installé sur l'Europe. S'il était attendu, il surprend tout de même par son intensité, avec plus de 42 degrés sur le sud de l'Europe. Et il va falloir supporter cela durant quelques jours.
Car le pire reste sans doute à venir, le pic étant attendu en début de semaine, sans qu'on ne puisse encore se prononcer sur la fin de l'épisode. Il va durer "au moins jusqu'à mardi", mais pour la fin, "est-ce que ce sera mercredi, jeudi ou vendredi, c'est trop tôt pour le dire", estime par exemple Tristan Amm, prévisionniste chez Météo-France.
"Ce nouveau pic au sein de cet épisode s'explique par la présence d'un dôme de chaleur installé sur l'Europe de l'Ouest, décrypte toujours Tristan Amm, dans les colonnes du Parisien. Il s'agit d'un large et puissant anticyclone qui vient à la fois bloquer l'air en basse couche et qui évite que toute perturbation puisse pénétrer et balayer l'air. De plus, ce dôme va réchauffer progressivement l'air par phénomène de compression."
Cette vague de chaleur concerne une grande partie de l'Europe, avec une vingtaine de villes d'Italie, dont Rome et Venise, placées en alerte. Au Portugal, les deux tiers du pays étaient en alerte orange dimanche, avec 42 °C prévus à Lisbonne et un risque maximal d'incendie. En Espagne, le pic de chaleur est arrivé à partir de ce dimanche avec un mercure au-delà des 40 °C sur une grande partie du territoire.
En Belgique, on fonce vers une vague de chaleur officielle
Et en Belgique ? On va aussi approcher les 40 degrés, potentiellement, selon les prévisions de l'IRM. "Lundi, la chaleur s'accentuera avec des maxima de 31 à 34 degrés dans la plupart des régions, mais proches de 27 degrés en bord de mer. Le risque est limité mais une averse (orageuse) isolée pourra éclater, principalement dans le sud du pays, indique-t-on du côté de l'IRM. Mardi sera une journée particulièrement chaude avec des maxima autour de 29 degrés à la côte, de 30 à 33 degrés en Ardenne et de 34 à 36 degrés ailleurs, voire très localement un peu plus. Le temps restera bien ensoleillé.
Mais le plus gros de la chaleur est attendu pour mercredi. C'est une évolution par rapport aux premières prévisions qui prévoyaient une baisse du mercure dès mardi soir. "Mercredi, les fortes chaleurs devraient encore nous concerner avec des maxima qui pourraient être supérieurs à 35 degrés sur une grande partie du pays et localement atteindre des valeurs de l'ordre de 37 ou 38 °C. Sur la région côtière, les températures ne devraient toutefois pas dépasser 26 degrés. Le temps restera assez ensoleillé, mais l'atmosphère deviendra plus instable par l'ouest en fin de journée et la nuit suivante avec risque de quelques ondées orageuses", apprend-on.
Comment l'IA devient l'allié des météorologues
Des orages sont donc à attendre, mais il reste toujours difficile de savoir où ils tomberont, malgré les technologies actuelles. Mais pourra-t-on bientôt prévoir avec précision où tombera le prochain orage ? L'intelligence artificielle pourrait bien changer la donne en matière de prévisions météorologiques. Si les modèles physiques classiques restent la base de la météo moderne, une nouvelle approche émerge : celle de l'apprentissage automatique.
"Les modèles traditionnels simulent l'atmosphère en résolvant des équations physiques, explique Fabian Debal, météorologue principal à l'IRM. Ces simulations nécessitent une puissance de calcul colossale, et certains phénomènes, comme les tornades ou la turbulence, restent encore mal modélisés. L'IA, elle, se passe complètement de physique : elle apprend à partir d'un grand nombre de situations passées pour prédire l'évolution probable d'un état atmosphérique actuel."
Ce fonctionnement original a plusieurs avantages. "D'abord, l'IA est bien moins gourmande en ressources informatiques. Ensuite, elle corrige spontanément certains biais des modèles physiques. Si un modèle donne toujours deux degrés de trop, l'IA le compensera automatiquement sans qu'on doive en comprendre la cause", explique-t-il.
Mais tout n'est pas parfait. L'IA ne "comprend" pas ce qu'elle fait. "Elle ne sait pas ce qu'est un front froid, ni qu'il ne peut pleuvoir sans nuage. Résultat : elle peut générer des prévisions incohérentes. C'est pourquoi les chercheurs envisagent une hybridation entre modèles physiques et IA, les deux approches se nourrissant mutuellement."
Quant aux prévisions saisonnières, elles nécessitent une approche probabiliste, dite "ensembliste", encore peu développée dans l'IA. "Mais rien n'empêche techniquement d'y arriver. L'intelligence artificielle ne remplacera donc pas la physique de sitôt, mais elle est déjà en train de devenir un précieux allié", conclut-il.
