Et si la Belgique s'inspirait des Pays-Bas pour résoudre le problème du nombre de malades de longue durée ? "Un tournant"
D'après Pierre Koning, économiste du travail, la clé du succès néerlandais réside dans les incitations fortes des employeurs envers salariés.
- Publié le 07-10-2025 à 10h45
- Mis à jour le 07-10-2025 à 14h26

La Belgique compte aujourd'hui 526.000 malades de longue durée, soit plus d'une personne active sur dix, et ce nombre augmente de 25 % tous les cinq ans.
Face à ce phénomène inquiétant, la Belgique cherche des solutions. Atteindre le plein-emploi est un enjeu majeur pour les finances publiques. Et si une des clés de la réussite provenait de chez nos voisins néerlandais ? En effet, les Pays-Bas offrent un modèle de remise au travail dont la Belgique pourrait s'inspirer.
Pierre Koning, économiste du travail à la Vrije Universiteit d'Amsterdam, explique à nos confrères de Het Laatste Nieuws qu'il y a vingt ans, un Néerlandais sur huit était en incapacité de travail. Désormais, la situation s'est nettement améliorée. "Le tournant est survenu quand les employeurs ont été obligés de verser le salaire des employés malades pendant deux ans. Le nombre de demandes d'invalidité a chuté de 35 % du jour au lendemain", explique Pierre Koning. Pour éviter ces absentéismes prolongés, les entreprises doivent maintenant respecter un plan de réintégration très précis. En effet, elles doivent offrir un plan d'action au cours des six premières semaines de maladie, faire des bilans réguliers ou encore adapter le poste du malade si cela s'avère nécessaire. Si les entreprises ne respectent pas ces obligations, elles risquent de devoir prolonger le paiement du salaire d'une année supplémentaire. À l'inverse, un salarié refusant de collaborer peut être licencié après deux ans.
Moins de sollicitations vers l'employeur en Belgique
En Belgique, les entreprises ne réévaluent la situation des malades qu'après dix semaines. Qui plus est, les actions menées pour les sanctionner sont symboliques et peu frappantes.
D'après Koning, la clé du succès néerlandais réside dans les incitations fortes des employeurs envers salariés, bien plus que dans le contrôle ou la sanction. "Les employeurs ne perdent plus les malades de vue", insiste-t-il auprès de HLN.
Pour rappel, à partir de 2026, les employeurs belges devront payer trois mois de salaire aux travailleurs malades. "Mais sans suivi structuré, cela risque d'être inefficace, voire contre-productif", prévient l'économiste de l'université d'Amsterdam.

