Félix et sa famille habitent à Dubaï : "Au début, on disait à notre fils que les explosions étaient des feux d'artifice"
Félix, Julie et leurs trois enfants vivent à Dubaï. À quoi ressemble leur quotidien malgré les explosions ? Témoignage.

- Publié le 02-03-2026 à 13h33
- Mis à jour le 03-03-2026 à 10h59

Cela fait huit ans que Félix et son épouse Julie (prénoms d'emprunt) se sont installés à Dubaï. Ils habitent avec leurs trois enfants de respectivement 9, 7 et 4 ans dans le quartier de Jumeirah, situé entre le célèbre gratte-ciel Burj Khalifa et l'hôtel de luxe Burj-Al-Arab.
"La nuit de samedi à dimanche n'était pas agréable du tout. J'ai très, très peu dormi", confie d'emblée Félix par visioconférence. "Mais depuis ce week-end, l'atmosphère s'est un peu calmée." Si le père de famille n'a pas entendu d'explosion la nuit dernière, il constate tout de même un changement d'ambiance frappant dans la vie dubaïote, généralement animée. "Tout est assez calme, il y a moins de monde sur la route, il n'y a pas le bruit des avions, si ce n'est de temps en temps des avions de chasse qui passent au-dessus de nous", explique-t-il. "C'est d'ailleurs toujours un peu stressant parce qu'on ne sait pas très bien si c'est un avion de chasse ou un missile", ajoute Félix.
Ce matin, vers 9h15 une salve d'explosions a eu lieu. Elles vont toujours par 3 ou 4, constate-t-il encore. "On devient aussi un peu paranoïaques. De temps en temps, on croit en entendre au loin." De manière générale, les Dubaïotes sont rassurés par le dôme qui permet d'intercepter une grande partie des missiles. L'inquiétude concerne plutôt la durée incertaine de ces tensions.
Écoles fermées, télétravail et insécurité
Le quotidien de la famille est impacté par la situation. Les écoles sont fermées et le télétravail est de mise. "On sort moins, on fait plus attention. Mais les enfants jouent encore dans le jardin, ils vont chez les voisins. Il y a à manger, à boire, de l'électricité, Internet et tout ce qu'il faut."
Mais pas de quoi se sentir tout à fait en sécurité non plus. "Il y a quand même des missiles qui nous passent au-dessus de la tête", rappelle Félix. "Avant les événements de samedi, Dubaï était l'endroit le plus sûr au monde, tout le monde est hyper surpris que Dubaï soit autant impacté. On n'aurait jamais pu croire cela."
Expliquer la guerre aux enfants
Il a aussi fallu expliquer la situation aux enfants. Si l'aîné est actuellement en vacances en Suisse avec Julie, les deux plus jeunes – dont son fils de 7 ans – sont restés à Dubaï avec leur père. "Au début, on lui disait que c'étaient des feux d'artifice. Ça n'a pas duré longtemps", raconte Félix. Il annonce alors à son fils qu'une guerre entre l'Iran et les États-Unis est en cours et que des bases militaires américaines se trouvent plus loin. "Même s'ils envoient des missiles au-dessus de nous, on a le meilleur gardien de foot du monde qui les attrape tous", lui a-t-il encore expliqué. "Il l'a bien accepté", assure-t-il. À chaque explosion, il tente de rester neutre pour ne pas montrer de stress à son fils. "Mais lui, il est content. Il n'a pas école aujourd'hui ni demain, il joue avec ses copains", conclut Félix.
