Une marée de manifestants a défié l'Arizona dans la capitale : 100.000 personnes mais l'exécutif veut "maintenir" son cap (PHOTOS)
Cent mille personnes ont manifesté, mais l'exécutif veut "maintenir" son cap.
- Publié le 12-03-2026 à 10h00
- Mis à jour le 12-03-2026 à 19h20
Plus de 100 000 personnes, selon la FGTB, et 80 000, selon la police, ont défilé dans les rues de Bruxelles jeudi pour protester contre les mesures du gouvernement fédéral, en particulier la réforme des pensions et le gel partiel de l'indexation des salaires. Le cortège a défilé dans le calme jusqu'à la gare du Midi, où il s'est dissous en musique vers 14 h.

"Les prix montent sans cesse, le salaire ne suit pas tout seul. Toucher à l'indexation, c'est toucher à la dignité", a rappelé le président de la FGTB, Bert Engelaar, lors d'un discours préalable au départ du cortège. Il a vivement critiqué le gouvernement "qui s'en prend toujours à ceux qui tiennent ce pays debout : les travailleurs". "Devrons-nous travailler jusqu'à l'épuisement ?", s'est de son côté interrogée Ann Vermorgen, présidente de la CSC, critiquant aussi "l'assouplissement du travail de nuit et des heures supplémentaires" qui seront "moins bien rémunérés". Même son de cloche à la CGSLB, dont le président Gert Truyens a estimé qu'"une société qui épuise ses travailleurs met en péril son propre avenir".
Une "prise d'otage"
Les syndicats ont indiqué qu'ils avaient tendu la main au gouvernement fédéral en adressant une lettre au Premier ministre Bart De Wever (N-VA) et à ses vice-premiers ministres pour leur demander une rencontre. "Nous verrons si le mépris est toujours aussi fort qu'en novembre ou nous n'avons eu de réponse, ni du Premier ministre, ni d'aucun vice-premier ministre", a expliqué la secrétaire générale de la CSC, Marie-Hélène Ska.

À l'opposé du spectre, les organisations patronales FEB et Unizo ont fait part de leur "incompréhension" face à cette action nationale. Elles ont dénoncé une manifestation qui "provoque une fois de plus une baisse du chiffre d'affaires", dans un contexte tendu pour les entreprises, notamment en raison de la guerre au Moyen-Orient. "Ils prennent en otage nos entreprises qui s'efforcent, jour après jour, de préserver un maximum d'emplois", ont-elles ajouté, regrettant que les syndicats privilégient, selon elles, les actions au dialogue social.
Bart De Wever ne lâche rien
"Maintenir le cap, c'est notre devoir. Ne pas le faire, ce serait une preuve d'égoïsme envers nos enfants et petits enfants", a réagi Bart De Wever, à l'occasion d'un débat à la Chambre. Sans surprise, son gouvernement fédéral n'entend pas revenir sur ses réformes. "Nous n'avons pas d'autre choix", a-t-il dit, rappelant l'objectif des mesures prises depuis la mise en place de la coalition Arizona : récompenser les gens qui travaillent et assainir des finances publiques en mauvais état.
Les aéroports presque à l'arrêt
L'action syndicale aura engendré des perturbations un peu partout en Belgique, notamment dans les transports. Les réseaux de transports en commun Tec, De Lijn et Stib ont été impactés à des degrés divers, tandis que les aéroports de Bruxelles et Charleroi étaient à l'arrêt.

En fin de journée, on apprenait qu'au moins trois personnes avaient été blessées lors de l'intervention policière survenue jeudi aux abords de l'ambassade américaine.