Indemnités, frais de voyages, téléphonie… : les 17 députés néerlandophones de Bruxelles s'accordent pour réduire leur train de vie
Épinglé par La Libre pour son train de vie, le Conseil de la VGC acte un plan d'économies de 284 000 euros. Entre gel des indemnités et fin de certains avantages, l'institution s'impose une cure de minceur de 6 %.

- Publié le 07-05-2026 à 17h22
Le Conseil de la Commission communautaire flamande (VGC) entame une cure d'amaigrissement. Son bureau est parvenu à un accord, ce jeudi, pour mettre en œuvre un plan de rationalisation et d'économies. "Nous allons réaliser des économies à hauteur de 284 000 euros, ce qui représente 6 % de notre budget", résume Benjamin Dalle (CD&V), président du conseil de la VGC.
Le 29 avril dernier, La Libre passait au crible le train de vie des 17 députés néerlandophones bruxellois, pointant du doigt plusieurs éléments : le recours à un cuisinier lors des réunions, la location coûteuse d'œuvres d'art, le montant des "indemnités de fonctionnement" octroyés aux groupes politique ou encore le sous-titrage onéreux des sessions YouTube (23 000 euros en 2023).
Notre enquête soulignait également que la totalité des élus de cet hémicycle bénéficie d'une indemnité spéciale, s'ajoutant à une rémunération de base de 8 990,68 euros brut mensuels (assortis de 2 649 euros net de frais).
Le plan de réforme s'articule autour de trois axes majeurs.
Les élus réduisent leur train de vie
Primo : la réforme des instances politiques. Le Bureau et le Bureau élargi de la VGC, dont les compositions se chevauchaient largement, fusionnent. Cette mesure génère à elle seule une économie de 66 750 €, assure le bureau de la VGC. Parallèlement, une baisse linéaire de 5 % des indemnités des membres du Conseil sera appliquée.
Les indemnités restantes et les dotations aux groupes politiques − qui se partagent actuellement une enveloppe de 172 000 euros par an − seront gelées pour la période 2026-2029.
Enfin, les privilèges du quotidien sont rabotés : suppression de la prise en charge des frais de téléphonie du bureau (9 300 euros par an), fin de la gratuité des impressions et des tickets de parking pour les collaborateurs. Les frais de voyage des commissions sont, eux, plafonnés à 5 000 euros (ce qui représente une réduction de 10 000 euros par an).
Rationalisation du personnel et recours à l'IA
Le volet administratif n'est pas épargné. Une économie structurelle de 64 150 euros est prévue dès 2027 via le non-remplacement de certains départs. Le passage à une transcription par intelligence artificielle pour les comptes rendus intégraux permettra par ailleurs d'économiser 41 000 euros par an dès 2027. Enfin, plusieurs services de support (finances, RH, IT) seront désormais regroupés sous une direction unique.
Suppression des activités "accessoires"
Le fonctionnement général sera rationalisé. Plusieurs services et activités non essentiels sont réduits ou supprimés. Le sous-titrage en direct des séances plénières disparaît, tout comme la "Semaine du théâtre". Les traditions plus informelles passent aussi à la trappe : fin des cadeaux de Pâques et de Saint-Nicolas, et réduction drastique du budget de la réception de Nouvel An.
En guise de symbole, les frais de location d'œuvres d'art sont réduits de 4 000 euros, tandis que l'usage de la voiture de fonction de la présidence sera désormais limité aux besoins exceptionnels.
Une normalisation tardive pour une institution qui semble avoir compris que, dans le climat budgétaire actuel, plus aucun privilège ne peut rester éternellement sous les radars.
