Deux frères belges au cœur de l'incendie à Crans-Montana face à la justice suisse : "Ils font la distinction entre victimes directes et indirectes"
Un jeune Belge qui a secouru son frère lors de l'incendie du bar "Constellation" à Crans-Montana n'est pas reconnu comme victime directe par la justice suisse. Il ne peut donc pas bénéficier d'une prise en charge de ses soins.
- Publié le 14-05-2026 à 12h37
- Mis à jour le 14-05-2026 à 12h43

La nuit de Nouvel An 2026 a viré au cauchemar au bar la "Constellation", à Crans-Montana, en Suisse. 41 personnes, dont une Belge, ont péri dans l'incendie de ce lieu de fête et des centaines d'autres ont été blessées. C'est notamment le cas de deux frères issus du Plat Pays qui ont subi des brûlures au cours du drame.
Pour autant, les deux frères ne doivent pas être traités de la même manière aux yeux de la justice helvète, qui a ouvert une enquête pour homicide par négligence. L'information émane de leur avocat suisse Me Loïc Parein, qui a confié cette histoire à nos confrères flamands, en insistant toutefois pour qu'aucune information permettant d'identifier ces deux frères ne soit publiée.
"Les deux frères faisaient la fête au Constellation. Dès qu'ils ont compris qu'un incendie s'était déclaré, ils ont pris leurs jambes à leur cou. Dehors, l'un d'eux a regardé autour de lui attentivement et, pris de panique, s'est rendu compte qu'il ne trouvait son frère nulle part. Son premier réflexe a été de retourner à l'intérieur pour le chercher", explique Me Parein.
Le jeune homme est parvenu à retrouver son frère blessé dans le bar et à sortir de l'enfer du Constellation. Lui qui était sorti indemne souffre désormais de multiples brûlures au deuxième degré indique son avocat suisse.
À l'horreur des faits s'ajoute désormais la dureté de la procédure judiciaire. On aurait pu croire que les deux frères soient considérés comme victimes par les autorités helvètes mais ce n'est en réalité pas le cas. "Ils font la distinction entre victimes directes et indirectes", précise Me Parein. À comprendre que l'un d'eux a passé du temps coincé entre les flammes, ce qui fait de lui une victime directe tandis que le second était parvenu à s'échapper indemne.
Pas d'indemnisation
Le ministère public suisse estime que le jeune homme s'est rendu responsable de ses blessures dès lors où il est volontairement retourné dans l'incendie pour sauver son frère… Un raisonnement aux conséquences bien réelles. Outre le choc émotionnel de ne pas être reconnu comme victime, seules les victimes directes peuvent prétendre à une indemnisation.
L'affaire n'est pas figée et le raisonnement du parquet pourrait encore évoluer, fait savoir Me Parein. "Nous attendons toujours une réponse du procureur. Je ne sais pas encore quand je peux l'espérer", conclut-il.
Treize personnes sont inculpées dans l'enquête pénale ouverte pour faire toute la lumière sur ce drame causée par des bougies festives ayant bouté le feu au plafond de l'établissement. Parmi les inculpés figurent les propriétaires, Jacques et Jessica Moretti ainsi que des responsables publics.
