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"Radioman", dans les studios de Flagey sous l'Occupation

En salles, le film de Frank Van Passel revisite les heures sombres de l'Institut national de radiodiffusion (INR) à travers la rencontre d'un ingénieur du son et d'une actrice juive. Retour sur une page d'histoire avec l'historienne Céline Rase.

Juliette Goudot
Radioman de Frank Van Passel
Radioman de Frank Van Passel ©KFD

Il est rare qu'un film belge nous fasse pénétrer dans un bâtiment aussi mythique que la Maison de la radio place Flagey à Bruxelles, dont l'allure de "paquebot" art déco créé par Joseph Diongre en 1938 domine les étangs. Inauguré en décembre 1938 et investi par les équipes de l'nstitut national de radiodiffusion (INR), le bâtiment flambant neuf est alors considéré comme "la plus grande fabrique de son au monde", et décrit lors de l'exposition universelle de New York en 1939, comme la maison de la radio la "plus progressiste d'Europe". Rappelons que l'INR compte alors deux millions d'auditeurs en Belgique, et que la radio est le média le plus populaire à l'époque, celui où se jouera aussi la "guerre des ondes" dans laquelle nous emporte le film (de fiction) du flamand Frank Van Passel. On y suit Berre (Jef Hellemans), un jeune ingénieur du son en stage qui rencontre Elza Friedman (Femke Vanhove, aux faux airs de Tilda Swinton), une jeune actrice juive qui échappe à la prudence requise par son père et change son nom pour frotter son talent aux pièces radiophoniques alors très populaires. Mais l'invasion allemande fait tout basculer.

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