Un nouveau pont sur la Seine

Dès le 3 juillet, Rouen veut être "impressionnée" comme elle le dit joliment, grâce à l'installation dans l'espace public d'œuvres contemporaines spectaculaires ou poétiques. La plus visible sera celle de notre compatriote Arne Quinze, celui qui réalisa le grand toit de bois de l'avenue de la Toison d'Or à Bruxelles et celui de la rue de Louvain, à l'entrée du Parlement flamand. Il a choisi le pont Boieldieu sur la Seine, celui célébré par une vingtaine de tableaux de Pissarro présentés au musée des Beaux-Arts de Rouen.

Un nouveau pont sur la Seine
©n.d.

Dès le 3 juillet, Rouen veut être "impressionnée" comme elle le dit joliment, grâce à l'installation dans l'espace public d'œuvres contemporaines spectaculaires ou poétiques. La plus visible sera celle de notre compatriote Arne Quinze, celui qui réalisa le grand toit de bois de l'avenue de la Toison d'Or à Bruxelles et celui de la rue de Louvain, à l'entrée du Parlement flamand. Il a choisi le pont Boieldieu sur la Seine, celui célébré par une vingtaine de tableaux de Pissarro présentés au musée des Beaux-Arts de Rouen. Il le recouvrira d'une construction en bois, réalisée ce mois-ci sur place : un pont couvert de centaines de poutrelles de bois colorées en blanc et orange. Ce qui a séduit les organisateurs, c'est l'aspect de touches aléatoires, de formes organiques jouant avec la lumière, de fluidité pure, qu'on retrouve dans les constructions d'Arne Quinze et qui sont exactement les caractéristiques de l'impressionnisme. Le pont devrait ainsi, pendant deux mois, devenir un lieu d'arrêt, de contemplation de la Seine. D'autres artistes investiront l'espace urbain, comme le Japonais Shigeko Hirakawa qui installera ses arbres à photosynthèse, qui permettent de visualiser la photosynthèse grâce à des disques dotés d'un pigment photochromatique qui passe du blanc au violet selon l'intensité du rayonnement solaire. Olivier Darné, plasticien apiculteur, lancera un projet "de recherche transdisciplinaire", de "pollinisation de la ville" en installant des ruches urbaines avec des milliers d'abeilles. L'objectif est de sensibiliser le grand public à la pression que l'homme exerce sur les lieux qu'il habite.

A Giverny, au musée des Impressionnismes, jusqu'à fin octobre, il ne faut pas manquer l'exposition de photographies d'Olivier Mériel. Des images noir et blanc, d'une extrême précision, qui ont capté la lumière et les atmosphères sur le chemin des impressionnistes. Une quarantaine de photos, fruit d'une commande du festival. L'artiste est parti, comme le firent les impressionnistes, de la gare Saint-Lazare pour aller jusqu'à Londres. Il a passé deux ans à attendre, à plusieurs endroits, le bon moment, la bonne lumière pour photographier avec de grandes chambres pesant 40 kg (le poids exact du matériel qu'emportaient avec eux les impressionnistes pour peindre "sur le motif"). Un exemple contemporain de photo pictorialiste. Il peut paraître paradoxal de choisir le noir et blanc pour célébrer les impressionnistes associés à la couleur ? "Le noir est la couleur absolue, répond l'artiste, la couleur de l'inconnu. Les impressionnistes cherchaient aussi le paradis perdu comme tous les artistes. Le noir et blanc permet d'aller à l'essence des choses, de m'écarter du réel. C'est une forme d'abstraction." G.Dt., en Normandie.

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