L'antiquaire Hayem, le goût d'une passion
L'étude d'Olivier Coutau-Bégarie va vendre en deux jours, les collections de l'antiquaire François Hayem, de et à Paris.
- Publié le 05-02-2024 à 15h50

Dans le monde du marché de l'art parisien et hexagonal, la famille Hayem compte depuis plus de soixante ans. Nous voyons arriver presque la fin de la quatrième génération ou du moins une autre manière de travailler. La première et la deuxième œuvraient à Nancy. Le père du vendeur actuel s'était installé à Paris rue Bonaparte. Et l'actuel François possédait il n'y a guère encore, une grande boutique au 13 de la rue du Bac, reprise par le restaurant voisin. C'est donc le Carré Rive Gauche qui perd un point d'ancrage de ce qui fit et fait toujours référence en termes de goût. Les Hayem sont versés dans le XVIIIe siècle depuis plusieurs décennies. En témoignent les deux catalogues nécessaires pour passer au feu des enchères le patrimoine de cet important marchand ; il y a quand même 442 lots. François Hayem est connu chez nous pour avoir participé aux séances d'expertises dans les grandes foires telles la Brafa et Antica Namur.
Meubles anciens ou du XIXe siècle, y compris de style sous Napoléon III côtoient ici des tableaux et des objets d'art en pagaille, des sculptures de bois, de plâtre ou de marbre, parfois spectaculaires et souvent raffinées, de la porcelaine et des terres cuites, des lustres, des appliques, des girandoles. L'éclectisme du goût de François Hayem est parlant et il assume en disant qu'il achète ce qui le touche, ce qui est beau et attirant, peu importe la période.
Vénus et Amour
Après les ventes, il va redevenir chineur, bourlingueur du bel objet, SDF de la découverte, comme quand il avait vingt ans.
Puisons alors un peu dans ces deux volumes chatoyants, colorés, élégants comme les meubles qui les peuplent dont les italiens. Les estimations sont souvent corsées, les 10 000 et 30 000 € sont choses courantes, mais il y a des lots estimés entre 1000 et 3000 €. On verra ce que les amateurs en feront.
Commençons avec une table de milieu de style Louis XVI, attribuée à Beurdeley, vers 1870. Elle est annoncée entre 20 000 et 25 000 €. Suivra une Vénus désarmant l'Amour, d'un anonyme italien vers 1850, inspiré par Thorvaldsen. Le groupe de marbre mesure 90x60x30 cm. On l'estime entre 7 000 et 10 000 €. Puis ce sera le tour d'une incroyable paire de fauteuils vénitiens de style baroque mais qui n'ont pas plus de 140 ans. Leurs accotoirs sont des chefs-d'œuvre. Le lot avait été acheté à Drouot en 1974, chez Ader Picard Tajan. La paire est escomptée entre 15 000 et 20 000 €. C'est un festival qui vous attend.
- Ventes publiques Où ? À Paris, en l'Hôtel des Ventes Drouot, via l'étude Coutau-Bégarie, Alexandre de La Forest Divonne et David Gelly. www.coutaubegarie.com. Bureau de Bruxelles chez Belficor s.a : Bernard de Gerlache : 0475.69.99.06. Quand ? Les 19 et 20 février 2024, à partir de14h. Salles 1, 5 et 6. Exposition à partir de mercredi prochain.