Un tout nouvel écrin pour la musique à Bozar
Après deux ans de travaux à Bozar, la salle M de musique et le Studio, rénovés en profondeur, ont rouvert.

- Publié le 13-02-2026 à 11h45

Jeudi soir, 12 février, les premières notes par le pianiste Nikola Meeuwsen (lauréat du concours reine Élisabeth 2025) ont résonné pour l'inauguration de la salle M de musique de chambre de Bozar, magnifiquement rénovée, mise en phase avec les exigences actuelles tout en ayant retrouvé, autant que possible, le projet initial de Victor Horta en 1928.
L'architecte choisi en 2017, Pierre Hebbelinck, s'est fait aider de spécialistes dont l'historien de l'architecture de Horta, Jos Vandenbreeden. Il y eut un travail préparatoire jusqu'en 2022, et les travaux débutèrent réellement il y a deux ans.
Ils ont épluché 5 000 plans issus de l'entreprise Blaton qui réalisa la salle en 1928, la première salle ouverte dans ce qui sera Bozar.
Le résultat devait à la fois amener la salle aux meilleurs standards acoustiques et techniques et restaurer l'esprit d'Horta, complètement oublié par les transformations de la salle en 1959 et 1987.
Les travaux ont en particulier dégagé les colonnes et plafonds recouverts d'enduits et de matériaux divers pour retrouver le béton nu d'origine. Victor Horta, comme le Belge Auguste Perret en France, croyait déjà dans le béton comme matériau innovant et sculptural. On retrouve aujourd'hui ses colonnes et supports de béton brut comme Horta les avait conçus, qui s'était exclamé : "Qu'elle était jolie, en béton nu, ma salle de musique de chambre".
Pierre Hebbelinck ajoute : "Le béton y est envisagé non seulement comme un élément structurel, mais aussi comme un matériau à modeler qui élève l'architecture du simple constructif vers une organisation hiérarchique et rythmée".
Onze millions
Pour le reste, tous les murs et sols ont été recouverts d'un bois de noyer canadien aux subtiles nuances de bleu. Les panneaux des murs sont légèrement pivotables pour mieux guider le son vers les spectateurs. Le "nettoyage" des ajouts intempestifs a fait gagner 30 % du volume de la salle qui comprend maintenant 472 nouveaux sièges confortables.
La restauration n'a pas pu retrouver des éléments initiaux d'Horta démolis jadis, comme les balcons.
Ces travaux de deux ans ont dû se faire en soirée et la nuit pour ne pas interférer avec les activités de Bozar.
Christophe Slagmuylder, directeur-général de Bozar, souligne que l'institution bénéficie ainsi avec la salle Henry Le Bœuf, de deux salles d'excellence pour la musique mais aussi pour les arts de la scène et les conférences.
Le Studio (210 places) a également été rénové avec surtout le renouvellement et l'extension des équipements scénotechniques.
La rénovation des deux salles a coûté 11 millions d'euros financés pour une grande part par Beliris (fonds fédéral pour Bruxelles), avec aussi des apports de la Régie des bâtiments et de Bozar (sur fonds propres).