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Crepax et ses femmes de papier, unis pour l'éternité

"Nous nous sommes tant aimés, Valentina", à la galerie Martel, retrace, en planches, la carrière d'un des maîtres de la BD érotique.

Guido Crepax, "Funny Valentina -  Valentinaspeciale p.1", 1969.
Guido Crepax, "Funny Valentina - Valentinaspeciale p.1", 1969. ©Courtesy Galerie Martel / Crepax

"Un ancien libraire est venu visiter l'exposition, l'autre jour, avec émotion, nous explique-t-on à la galerie Martel. Il nous a expliqué à quel point le personnage de Valentina l'a marqué, dans sa jeunesse. L'ado qu'il était et ses camarades s'arrachaient le premier album." Il faut dire que, au mitan des années 60, l'image féminine dans la BD belge est encore caricaturale et peu flatteuse, de la Castafiore à M'oiselle Jeanne. On imagine à quel point l'arrivée de cette Valentina venue d'Italie, peu après la Barbarella de Jean-Claude Forest, a constitué une révolution. Thierry Groensteen, historien, se remémore aussi la première fois qu'il fit la rencontre avec Madame Rosselli : "Les seins (plutôt menus) et les fesses (pleines et voluptueuses) de Valentina ne pouvaient manquer de faire forte impression sur le jeune homme que j'étais alors. Mais je me sentais aussi fortement interpellé par le regard de l'héroïne, ses yeux tour à tour plongés dans ceux du lecteur, tournés vers on ne sait quel abîme intérieur, baignés de larmes ou égarés par le plaisir."

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