"Dancing Inside my Head" : Arno, avec le temps va tout s'en va
Ce qu'il ressort avant tout de ce film, tourné notamment en plans serrés (pas vraiment à l'avantage du protagoniste), et à l'aide d'images d'archives, c'est le temps qui passe. Sans jamais, hélas, que cela se mue en grandes réflexions philosophiques; on reste dans l'anecdotique, le superficiel.
- Publié le 19-10-2016 à 09h21
- Mis à jour le 19-10-2016 à 09h40
Y avait-il encore un xième documentaire à consacrer à Arno, après les très réussis "Arno sauvé des eaux" (1993) de Philippe Cornet et "Arno, comme les hommes" (2003) de Marc Dixon ? Des documentaires qui datent, mais le premier suivait déjà Arno dans son processus créatif à Nashville, pour l'enregistrement d'"Idiots savants" et lors des répétitions de travail à Jette. Depuis deux albums ("Future Vintage" et "Human Incognito"), l'ineffable chanteur ressasse un peu toujours les mêmes choses. Accompagner le sieur Hintjens, 67 ans au compteur, lors de l'enregistrement de "Human Incognito" (2015) et la tournée qui s'en est suivi n'était peut-être pas la meilleure idée.
Le documentaire intitulé "Dancing Inside my Head" (du nom d'une chanson au générique de l'album "Idiots savants", 1993) est l'œuvre du Gantois Pascal Poissonnier. Ce qu'il ressort avant tout de ce film, tourné notamment en plans serrés (pas vraiment à l'avantage du protagoniste), et à l'aide d'images d'archives, c'est le temps qui passe. Que le chanteur musicien évoque aux côtés de Raoul Servais ou de Jane Birkin, sans jamais, hélas, que cela se mue en grandes réflexions philosophiques; on reste dans l'anecdotique, le superficiel. Des bons côtés de vieillir, Arno n'a rien à dire. Par contre : "Les mauvais je peux t'en parler."
Chansons d'hier - notamment la sublime "Dans les yeux de ma mère" (diffusé dans son intégralité) - côtoient celles d'aujourd'hui ("Oublie qui je suis") : le contraste est saisissant. Quand Poissonnier filme Arno en train de fredonner "J'ai deux amours : mon pays et Paris" de Joséphine Baker, on a envie de croire à cet Arno crooner. Un autre moment délectable émaille le documentaire : celui qui voit le Belge, à l'issue de sa prestation dans un club new-yorkais, recevoir les félicitations d'une créature sortie d'une autre époque, toute de distinction et raffinement. Se retranche-t-il derrière une timidité maladive, toujours est-il que la repartie d'Arno n'est pas à la hauteur de la classe de la fan. Dans cette scène, Poissonnier a indubitablement capté quelque chose…

Réalisation : Pascal Poissonnier. Avec Arno Hintjens, Raoul Servais, Jane Birkin,… 1h16