Hugo Gélin, le cinéma sans fin

- Publié le 03-04-2019 à 10h47
- Mis à jour le 03-04-2019 à 10h52

Chez les Gélin, on fait du cinéma de père en fils. Daniel Gélin fut un jeune premier illustre du cinéma français des années 50. Son fils, Xavier, fut acteur, producteur et réalisateur. Le petit-fils, Hugo, a pris le relais et signe avec Mon Inconnue, son troisième long métrage, une comédie romantique paradoxale. En effet, les deux personnages forment un couple fusionnel dès le début. Avant le twist.
"C'est l'histoire d'un homme qui doit reconquérir sa femme. C'est une comédie romantique qui appartient au sous-genre de la comédie de remariage", explique Hugo Gélin, jeune réalisateur débordant d'enthousiasme. "J'avais très envie de travailler sur ce genre de films comme Notting Hill, Love Actually, Un jour sans fin et La vie est belle de Capra qui est, pour moi, le chef-d'œuvre absolu et dont les 30 dernières minutes sont un peu le pitch de Mon Inconnue".
En effet, It's a wonderfull Life (en VO) de Frank Capra raconte la vie de George Bailey. Depuis qu'il est tout petit, cet homme rêve de voyager aux quatre coins du monde mais, à chaque fois, il est retenu dans sa petite ville, il renonce à son projet pour aider un concitoyen. A la fin du film, il est désespéré, pense à se suicider quand un ange vient à sa rescousse et lui montre ce que Bedford Falls serait devenu, s'il n'avait pas été là. "J'ai connu ma femme très jeune, on a grandi ensemble et j'ai dû me poser la question : que serai-je devenu si je ne l'avais pas rencontrée ? Chaque personne que l'on rencontre, écrit une partie de notre vie. Si je n'avais pas rencontré telle personne, je n'aurais jamais fait de cinéma. Cette ironie dramatique m'a amusé dans la comédie mais aussi dans l'émotion".
La star c'est l'histoire
Mon inconnue est une comédie romantique et une comédie fantastique avec l'ambition de faire passer quelque chose au-delà du divertissement. Et ce n'est pas si fréquent dans le cinéma français. "Pour mon troisième film, je voulais vraiment que la star soit l'histoire. Je me suis concentré sur le scénario et j'ai travaillé avec trois, quatre scénaristes pour essayer d'être à la hauteur de mes films de référence.
Il y a une comédie romantique fantastique mais aussi un buddy movie. C'est une romance et une bromance car, pour moi, les comédies romantiques réussies sont celles où les deux mots sont respectés. Souvent, on privilégie l'un par rapport à l'autre. Je voulais que la romance soit pleine et la comédie généreuse grâce au buddy movie".
La dimension romantique est aussi une question de musique. "Le Liszt du début, le Bach au milieu et le Chopin à la fin sont des morceaux romantiques qui s'inscrivent dans le genre. J'avais besoin qu'ils soient virtuoses d'un point de vue visuel et bouleversant d'un point de vue musical. Mon modèle pour la pianiste était Katia Krivokochenko. Je l'ai contactée pour connaître un peu sa vie. C'est la Beyoncé du piano et elle n'a pas de vie. Ses mains sont assurées et elle ne peut rien faire d'autre. Elle est venue nous faire un petit coucou pendant le tournage et elle a adoubé Joséphine par sa présence".
