Robert Mitchum, l'homme qui faisait trembler Hollywood
L'immense acteur américain, incarnation de tous les excès, estimait que les studios avaient besoin de lui et non l'inverse.

- Publié le 30-11-2019 à 18h40

L'immense acteur américain, incarnation de tous les excès, estimait que les studios avaient besoin de lui et non l'inverse. Aujourd'hui, le nom de Robert Mitchum ne fait plus briller que les yeux des cinéphiles. Mais jusqu'à son décès, le 1er juillet 1997, il faisait partie de ces rares personnalités qui faisaient autant rêver que trembler Hollywood. Honni par toutes les ligues de moralité américaines, le grand Bob, comme on le surnommait affectueusement, s'était toujours offert le luxe d'incarner tous les vices dans une Amérique puritaine et de faire tourner en bourrique les producteurs les plus puissants de Californie.
Véritable star dans l'âme, il considérait que les studios avaient besoin de lui et non l'inverse puisqu'il venait très largement devant les financiers dans les sondages de popularité ! Gouailleur, fonceur, bon enfant, il s'était rapidement forgé une place à part dans le cœur d'un public américain fondamentalement attaché aux rebelles.
Et pourtant, sa biographie recèle autant de scandales que de grands succès commerciaux et artistiques ! La célébrité venait à peine de lui tomber dessus grâce à Feux croisés (1946) qu'il défrayait la chronique judiciaire. En septembre 1948, il a passé vingt-sept jours à l'ombre des barreaux d'une prison de Los Angeles, après avoir déboursé mille dollars d'amende, pour consommation et possession de marijuana. Un fameux coup du sort pour une étoile montante. Mais il s'en moquait. Têtu, il en profitait pour se forger une image de fêtard.
Moins d'un an après son deuxième grand succès, Un si doux visage, il remettait le couvert et choque les États-Unis en s'exhibant à Cannes avec la starlette aux seins nus, la pulpeuse Simone Sylva. Dans son esprit, il ne s'agissait que d'un gag. Il demanda d'ailleurs aux photographes présents de lui remettre leurs photos. Il ne verra jamais les meilleurs clichés, sauf dans la presse. Le tapage est énorme à l'époque, les plus vertueux des Yankees exigeant sa mise à l'écart des plateaux et le boycott de tous ses films.
Toute la carrière de Robert Mitchum fut à l'image de ces deux exemples. Son image de mauvais garçon et de bon vivant lui permettait de garder sa liberté d'action envers et contre tout. Heureusement, l'homme avait aussi beaucoup de talent et un cœur énorme. En 1992, il vint jouer Dieu à Bruxelles pour Les sept péchés capitaux, un film tourné par sept jeunes Belges. Sans jamais jouer à la star. Tout simplement pour combler une lacune, sa filmographie ne comportant pas encore, à ses yeux, de film d'art. Sacré bonhomme pour qui le cinéma n'aura jamais été qu'un jeu futile.
