"La Rose et la Flèche", quand l'heure du héros est passée
Blu-ray En 1976, Sean Connery est Robin des Bois et Audrey Hepburn, Lady Marian.

- Publié le 09-11-2020 à 09h33
- Mis à jour le 14-12-2020 à 09h18

L'idée est sensationnelle, on qualifierait aujourd'hui ce pitch de postquel : qu'est devenu un héros, longtemps après ses exploits ? En 1976, Richard Lester part à la recherche de Robin des Bois et sa belle Marian, vingt ans plus tard.
Heureux et beaucoup d'enfants ?
Que nenni ! Robin a suivi fidèlement son roi Richard Cœur de Lion jusqu'à Jérusalem, mettant des lustres à se rendre compte qu'il servait un fanatique religieux, assoiffé de sang doublé d'un cynique cupide. Ce n'est qu'à sa mort qu'il met le cap sur Nottingham en compagnie de Petit Jean pour retrouver sa forêt de Sherwood. Il y croise quelques anciens joyeux compagnons auxquels il demande des nouvelles de Marian. On lui laisse la surprise : elle est devenue nonne. Jésus fut le seul à la consoler du départ de Robin, sans même dire un au-revoir.
Au top
Puisque tout le monde est là, que le shérif affame toujours les paysans avec ses impôts, Robin propose de lancer le deuxième service. Il a toujours beaucoup de panache, un peu moins d'énergie, mais plus vraiment de conscience politique. Juste ce mélange d'ego et de charisme auquel Marian reste sensible.
Avec Sean Connery en Robin Hood et Audrey Hepburn en Marian, La Rose et la Flèche tient à la fois du film d'action et de la comédie sentimentale, avec des pépites d'humour et un recul pour observer une légende dont les exploits sont derrière lui. Maniant l'épée et l' understatement avec la même virtuosité, Sean Connery tient un de ses meilleurs rôles. Édité par les Édition Rimini, le Blu-ray contient plusieurs bonus dont une formidable interview en public de l'acteur sur la scène d'un théâtre britannique en 1984. On peut y admirer sa présence qui en impose, sa sincérité dans l'évocation de ses jeunes années, son tempérament pour surmonter son manque d'éducation, sa lucidité par rapport à ses choix qu'il ne comprend qu'après les avoir faits, son sens de l'humour et de la repartie. Ce sont 40 minutes aussi savoureuses que passionnantes.
Et on se met à rêver d'un film qui aurait mis en scène un 007 vieillissant sur le mode de La Rose et la Flèche . Soit un James Bond rangé des Aston Martin, soigné par le Dr No et chouchouté par Miss Moneypenny lui répétant que mourir peut attendre.
Trop tard maintenant.
Blu-ray, La Rose et la Flèche ("Robin and Marian"), Richard Lester, 1h46 (Rimini - Coming soon)
