"L'exorciste du Vatican" : Russell Crowe endosse la soutane dans une daube parodique

L'acteur compose une version caricaturale de l'authentique prêtre exorciste Gabriele Amorth.

Russel Crowe, un exorciste un peu marteau.
Russel Crowe, un exorciste un peu marteau. ©Sony

Voilà un demi-siècle qu'Hollywood a fait main basse sur Satan et ses démons. L'Exorciste de William Friedkin, primus inter pares, sortait sur les écrans en 1973. Il demeure le film d'horreur le plus rentable de l'histoire (ajusté à l'inflation, il a rapporté lors de sa sortie 1,2 milliard de dollars, près de trois milliards au fil de ses ressorties). L'argent n'a pas d'odeur, pas même celle du soufre. Le cinéma n'en a donc pas fini avec les enfants possédés qui blasphèment, profanent leur corps, le nom de leur mère, se dévissent le cou, lévitent, refont la déco, vomissent des fluides corporels…

La nouveauté pour les cinquante bougies du sous-genre que souffle L'exorciste du Vatican de Julius Avery, c'est de se piquer de mettre en scène un authentique exorciste Gabriele Amorth (1925-2016) – auquel Friedkin a consacré un documentaire en 2017 (le prêtre, tout en trouvant ses effets excessifs, avait confessé apprécier son Exorciste, bien plus réaliste que tous ses avatars).

Russell Crowe endosse sa soutane et saute sur sa Vespa pour aller sauver des griffes du Malin un gamin américain exilé avec sa mère et sa sœur dans un ancien monastère espagnol (se farcir 2000 bornes en scooter, voilà un acte de foi). Les moines n'y ont pas fait que du bien par le passé. Le scénario imagine une justification à la présence maléfique en ce lieu sacré sur fond de péché originel du Vatican, appendice tortueux et sans intérêt à une succession de scènes stéréotypées.

Il faut croire, comme le redoutait l'authentique Amorth, que plus personne n'a peur du diable. Equation insoluble d'un film d'horreur pour festival du rire. Il ne reste du genre que la surenchère des effets visuels et sonores pour tenter d'arracher un sursaut au public tandis que Russell Crowe fait des bons mots entre deux séances – avec un insupportable accent italien en toc.

Avery achève l'autoparodie poseuse avec quelques oeillades cinéphiles (le Batman de Nolan au milieu d'une nuée de chauves-souris, la Carrie de De Palma couverte de sang au bal du diable…). Feu Gabriele Amorth doit se retourner dans sa tombe en voyant son surnom médiatique (qu'il réfutait) accolé à cette daube maléfique.

L'exorciste du Vatican De Julius Avery. Avec Russell Crowe, Alex Essoe, Daniel Zovatto, Franco Nero,… 1h43

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étoiles Arts Libre cinéma ©LLB

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