Dans "Last Dance", François Berléand sonde la beauté de la danse
Le film de Delphine Lehericey explore la beauté de la danse et la façon de prolonger la vie. Avec un François Berléand déterminé et très touchant dans cet éternel pas de deux…

- Publié le 22-06-2023 à 21h44

Lise et Germain profitent pleinement de leur retraite. Chacun à sa façon, à son rythme. Germain (François Berléand) qui a le goût de la contemplation, se ménage. En ce moment, sa nouvelle passion, c'est de lire tout Proust et d'en savourer chaque mot, chaque instant. Lise (Dominique Reymond), au contraire, vit intensément, organise et planifie tout et s'adonne avec joie au bénévolat. Sa nouvelle passion : la danse contemporaine, découverte à travers la chorégraphe La Ribot (Maria Ribot dans son propre rôle). Lise prépare d'ailleurs un spectacle, mêlant danseurs amateurs et professionnels. Une petite folie qui la met en joie. Cette création de danse haute en couleur lui permet de découvrir de nouvelles sensations.

Lise et Germain s'aiment tendrement. À travers eux, on découvre un amour qui n'a pas d'âge, mais un seul ancrage : leur regard l'un sur l'autre. À près de 80 ans, ils se sourient, s'accompagnent, se soutiennent et vivent tranquillement, l'un pour l'autre. Lise est l'âme, le feu follet du foyer mais, un jour, elle s'éteint de façon inopinée.
La promesse de continuer jusqu'au bout du chemin
Face au vide laissé par l'énergique grand-mère, Mathieu (Jean-Benoît Ugeux) s'angoisse. Il veut tout prévoir, tout planifier pour encadrer son père au mieux. Au point de se montrer hyperdirectif et même intrusif : voilà Germain soumis à un emploi du temps millimétré, avec coups de fil et visites, auquel toute la famille est priée de se plier. Mais Germain n'est pas prêt à se laisser régenter et à abandonner sa liberté d'agir à sa guise.
Se mettre dans les pas de l'autre, faire à sa place ce qu'il aurait aimé accomplir. C'était la promesse que Lise et Germain partageaient. Germain décide de rencontrer la metteuse en scène espagnole qui accepte le défi de l'intégrer au projet. Toute la troupe l'accueille à bras ouverts. Au contact de ses compagnons de création, Germain découvre un nouvel horizon avec plus ou moins de souplesse et de bonheur.
La compagnie apparaît comme une grande famille recomposée, avec ses membres les plus encourageants et compréhensifs, comme Samir (Kacey Mottet Klein) ou Catherine (Astrid Whettnall) et ses éléments plus dubitatifs ou récalcitrants comme Marjanne (Déborah Lukumuena vue dans Robuste). Ce nouveau défi pousse Germain à sortir de sa torpeur et de sa prostration.
Réalisatrice suisse installée depuis de nombreuses années en Belgique, Delphine Lehericey (Le Milieu de l'horizon, Puppy Love) voulait concevoir une comédie familiale autour du délicat sujet du deuil. Présenté au Festival de Locarno, son film a été longuement applaudi. Il faut dire que ce pan de vie va droit au cœur. Récit pudique et plein de douceur, il explore avec finesse et entrain les pactes secrets, les liens qui perdurent et les découvertes que l'on est prêt à faire par amour. Cette dramédie sur la façon de reprendre sa vie en main, portée par un François Berléand sincère et touchant, prouve qu'il n'y a pas d'âge pour se relancer et élargir son champ d'expérimentation.
