"La Casa de Papel" : faut-il regarder la série "Berlin", spin-off du phénomène Netflix ?
Le spin-off centré sur Berlin veut évidemment surfer sur le succès de "La Casa de Papel". Il est temps que ça s'arrête.
- Publié le 28-12-2023 à 13h00

"Deux choses peuvent transformer une journée de chien en un jour extraordinaire. La première, c'est l'amour. La deuxième, c'est un butin de plus de dix millions d'euros. Nous préparions un coup bien plus ambitieux."
Berlin vient à peine de divorcer de sa troisième épouse qu'une voiture de police freine à ses pieds. Pour l'arrêter ? Non. Pour l'embarquer ? Oui, dans une nouvelle mission. Car les personnes assises dans l'habitacle ont beau avoir des insignes plaqués sur le sternum, ce sont des escrocs venus perquisitionner le domicile d'Antonio Vals. Ce dernier fait du trafic d'antiquités. Berlin lui propose un "deal" contre une impunité : leur donner un calice du 4e siècle. Une pièce qui permettra aux voleurs de flouer un prêtre et d'entamer des recherches archéologiques dans une église parisienne. Le but : accéder via les catacombes à la plus grande maison de vente aux enchères de la Ville Lumière et dérober des bijoux pour 44 millions d'euros. Tiré par les cheveux ? Tout à fait.
Une nouvelle équipe, les mêmes ficelles
Cinq ans après la première saison de La Casa de Papel, Netlix a décidé, une nouvelle fois, de profiter du bon filon du phénomène espagnol avec un spin-off centré sur l'un des personnages emblématiques. Pour les néophytes, Berlin est un beau gosse charismatique, sorte de George Clooney ibérique, cynique, macho et demi-frère du cerveau du casse de la série "phare", souffrant d'une maladie dégénérative (la myopathie de Helmer) et qui se sacrifie pour l'équipe. Sans en avoir vu une seconde, les fans de "La Casa" savent que cette mini-série se déroule forcément dans le passé. A l'époque de l'"âge d'or" de Berlin, précise-t-il.

Quelques personnages réapparaissent furtivement, mais la plupart du casting est neuf. Le casse a beau se dérouler à Paris, les acolytes de Berlin sont Espagnols. Keila est une ingénieure-électronicienne "geek" et timide ; Roi, un petit délinquant mal dans sa peau spécialiste de l'ouverture des serrures ; le cerveau du groupe Damian est professeur à l'université ; Bruce est l'homme à tout faire un peu "beauf" et il y a Cameron, une petite nouvelle en stage d'observation.
Cette mini-série est l'œuvre des scénaristes de l'originale : Álex Pina et Esther Martínez Lobato. Sans surprise, les ingrédients restent quasiment les mêmes. Un braquage en équipe, du rythme, une esthétique pop, des punchlines, des cliffhangers, des personnages beaux et rebelles qui vivent des idylles et font l'amour. Berlin (Pedro Alonso), lui-même, rencontre une jeune femme en délaissant, quasiment, toute la mission.
C'est divertissant, par moments, mais les idées sont souvent éculées. Surtout, le spin-off tombe dans le grotesque la plupart du temps. Entre les seconds rôles poussifs, les placements de produits grossiers pour la bière Estrella Galicia, les accents espagnols en français à coupés au couteau, les clichés sur l'Hexagone façon Emily in Paris, les incongruités du scénario et les scènes d'action rappelant les pires moments de Fast and furious. Après cinq saisons, une adaptation coréenne et ce spin-off, il est sans doute temps pour tout le monde de tourner la page.
Berlin - mini-série d'Álex Pina et Esther Martínez Lobato - Avec Pedro Alonso, Michelle Jenner, Tristán Ulloa... Netflix Dès le 29/12 (8 X 52' environ)

