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La lente agonie du Maroc au XIXe siècle

Gilbert Sinoué nous la raconte admirablement dans un roman aussi documenté que vivant.

Jacques Franck
La lente agonie du Maroc au XIXe siècle
©D.R.

Quel admirable raconteur ! Gilbert Sinoué brosse l'histoire flamboyante et tragique du Maroc au XIXe siècle avec une érudition et une imagination saisissantes. Certes, il s'agit d'un roman, mais les scènes imaginaires éclairent et animent le déroulement des événements historiques, comme les plus de quatre-vingt peintures que Delacroix consacra à des thèmes marocains font revivre tantôt une "Fantasia", tantôt une "Noce juive".

Le récit débute en 1808. Napoléon, qui vient d'installer son frère Joseph sur le trône d'Espagne, lorgne désormais le Maroc pour faire échec aux Anglais installés à Gibraltar, clé de la Méditerranée. En prévision d'un éventuel débarquement, le capitaine Antoine Burel est chargé, sous couvert de porter une lettre de l'empereur au sultan, de prendre tous les renseignements possibles sur l'état des fortifications, la nature des terrains, etc. Le capitaine remplit cette mission, mais les Espagnols poursuivant leur guérilla contre l'occupant français et Napoléon tournant ses priorités vers Vienne et Saint-Pétersbourg, les choses en restèrent là.

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