Le zoom du jour: The Sound of Belgium
Dans un excellent documentaire, qui poursuit sa carrière en salles, d'Anvers à Namur, de Londres à Paris, le réalisateur Jozef Devillé remonte le cours de l'histoire, aux origines de la new beat, soit au début des années 80. A voir ce soir à 20h40 sur Plug RTL
- Publié le 08-10-2013 à 05h40
- Mis à jour le 17-10-2013 à 15h03
Dans un excellent documentaire, qui poursuit sa carrière en salles, d'Anvers à Namur, de Londres à Paris, le réalisateur Jozef Devillé remonte le cours de l'histoire, aux origines de la new beat, soit au début des années 80. Au croisement de l'acid house, de la new wave, de l'electronic body music, la new beat fut en effet précurseur d'une forme très belge de techno.
Née en Belgique, sur des scènes aussi underground que modestes, elle devient un phénomène commercial mondial : festive, ouvertement sexuelle, elle aborde sans complexe la consommation de drogues. Sur un rythme lancinant, psychédélique, avec un niveau de décibels à la limite du supportable, elle se veut également subversive : vêtus de crucifix, de smileys jaunes (emblèmes du mouvement), d'insignes volkswagen et de sigles Mercedes, des milliers de jeunes dansent sur "I Sit on Acid" des Lords of Acid. Quand ils ne portent pas des effigies ovales en porcelaine représentant des défunts, volées sur des pierres tombales.
"La New Beat, c'est une musique que l'on peut écouter toute la nuit sans prendre de la drogue", note un témoin de cet âge d'or, aussi intense que fugace. "C'était effrayant… C'était comme entrer dans l'antre du diable. Oui, c'était comme… démoniaque !", relate encore un ancien disc-jockey. Même l'enlèvement du Premier ministre belge Paul Vanden Boeynants (par la bande de Patrick Haemers en 1989) a été détourné pour devenir l'un des plus grands succès du groupe Brussels Sound Revolution. "Qui m'a enlevé ?/Y a t-il une rançon ?/Qui ?/Mon loden déchiré/Ma pipe/Résultat des courses/Je suis resté/En chemise et en caleçon."
Mais bientôt, trop is te veel, et la techno succède à la new beat, au bonheur de tous. Les producteurs belges se distinguent à nouveau par un son particulièrement dur, agressif, sombre et reconnaissable à son côté orchestral. C'est l'époque des T99, de Bonzai ou encore de Joe Beltram ("Mentasm"). Le clubbing devient alors une véritable culture en Belgique. Attirés par une espèce de feeling "hippie-hardcore", Français, Hollandais et Anglais campent dans leur voiture, sur le parking des boites de nuit, du jeudi au lundi, voguant de Bruxelles, à Grand; d'Anvers à Tournai pour entrer à "La Bush", Le "Cherry Moon" ou le "Café d'Anvers".
In fine, Jozef Devillé nous rappelle que lorsqu'une nouvelle génération construit sa propre culture musicale, c'est avant tout l'esprit d'une nation qu'elle recherche. Car peu importent les circonstances qui voient naître un nouveau style de musique ou son évolution, il reste toujours connecté à l'endroit où il est né.

