Le Dr House de la comédie
Féodor Atkine, la voix française du célèbre médecin, a enregistré un nouveau livre audio.
- Publié le 09-02-2016 à 06h43
- Mis à jour le 09-02-2016 à 06h44

Comédien français d'origine russo-polonaise, Féodor Atkine a joué pour Woody Allen, Claude Zidi, Raoul Ruiz, Claude Lelouch, Pedro Almodovar, Eric Rohmer. Voix française de William Hurt, Ben Kingsley et Hugo Weaving, il a également doublé Hugh Laurie, l'interprète du charismatique Dr House dans la série télé éponyme.
Théâtre, cinéma, créations radiophoniques, livres audio, Féodor Atkin embrasse sa vocation "par ricochet". "Quand on a 5 ans, on ne se dit pas qu'on va devenir comédien. En revanche, quand on n'arrête pas de se déguiser, de faire des conneries, de changer de personnalité, de vouloir aller à toutes les fêtes travesties, on peut penser que c'était quelque chose de tout du moins mûri sinon de latent."
Le théâtre avant tout
A 17 ans, il "monte à Paris" et gagne sa vie "de manière un peu étrange" (en vendant des bijoux le long du boulevard Saint-Germain), avant d'intégrer l'école internationale de théâtre de Jacques Lecoq. Masque expressif, improvisation, commedia dell'arte, pantomime, acrobatie, chant, etc. "A l'époque, c'était une école exceptionnelle, il y avait 17 disciplines, 17 professeurs. Antoine Vitez m'enseignait l'art dramatique. Il m'a carrément envoyé chier parce que j'avais choisi Goldoni."
Le professeur, acteur et mime français Etienne Decroux, "maître de Jacques Lecoq, de Jean-Louis Barrault et de Marcel Marceau", a largement influencé le regard qu'il porte aujourd'hui sur l'art du mouvement. Ses références ? La troupe suisse "Mummenschanz", entre autres. "Et de nombreux mimes cubains, yougoslaves, hongrois."
De 1968 à 1982, il sillonne les théâtres "de manière pratiquement ininterrompue". Son premier long-métrage, "Les petits enfants d'Attila" de Jean-Pierre Bastid, "est un délire absolu à une époque où traînaient des substances illicites sur à peu près tous les tournages". Il s'envole ensuite en Inde, en Thaïlande, à Bali, au Sri Lanka, avec la bande d' "Actuel" et Jean-François Bizot pour le film "La route". "Il y avait Léon Mercadet, Patrick Rambaud et toute l'équipe. Il y avait aussi François Jouffa qui m'avait demandé de jouer dans 'La Bonzesse'."
S'ensuivent "Les sous-doués", "Inspecteur la bavure", "Cinq et la peau" (de Pierre Rissient), et dix ans sous le soleil espagnol - sous la direction de Bigas Luna, Carlos Saura, Pedro Almodovar - avant de finalement regagner la France.
"Le doublage, ce fut plus tardif"
La comédienne Perrette Pradier, "une brune piquante, une gisquette qui en envoyait", lui propose de doubler Jafar dans le long-métrage d'animation Disney, "Aladdin". "Techniquement, c'est les doigts dans le nez. On l'a fait une fois, on a compris. Mais dans un dessin animé, il faut exagérer, il faut en faire des tonnes pour que ça paraisse naturel. Je sors de là lessivé, à genoux." Il y a 10 ans, Féodor Atkine se voit proposer de nouveaux essais, pour une série télévisée notamment. "Ils m'ont envoyé le DVD de Dr House. J'ai tout de suite accepté."
"V for Vendetta" demeure toutefois sa performance la plus aboutie. "Ce personnage est sous un masque, tout le temps. Tout passe par la voix. Il n'y a aucune possibilité de s'appuyer sur le visage ou sur les expressions. C'est une création in extenso du travail de doublage. Il n'y a que ça d'intéressant : l'interprétation, la disparition de soi-même, une échappée à quelque chose de structuré pour se mettre dans une mollesse suffisante qui permette de fixer une image qui n'est pas la sienne."
Lecteur passionné, Féodor Atkine a par ailleurs obtenu le Coup de cœur de l'Académie Charles Cros en 2014 pour sa lecture du "Quatrième mur" chez AudioLib. Récemment, il a enregistré "L'assassin qui rêvait d'une place au paradis" de Jonas Jonasson (parution le 13 avril chez Audiolib, env. 24€). Au.M.
