Vos méchants préférés: Frank Underwood (Ciné/TV)
- Publié le 24-08-2017 à 16h01
- Mis à jour le 24-08-2017 à 16h07

Il y a chez Francis J. Underwood un mélange subtil entre Brutus et César : la prestance du pouvoir associée à la force (sournoise) de la trahison. Dès les dernières minutes du tout premier épisode de la première saison, le spectateur sait à quoi s'en tenir. Cet homme politique n'a ni remords ni regrets et n'éprouve aucune compassion comme en atteste la scène au cours de laquelle on le voit achever un chien blessé à mains nues. Il y a chez cet homme quelque chose d'un barbouze ou d'un légionnaire comme le suggèrent ses origines militaires…
Manipulateur hors pair et joueur d'échecs patient, l'homme affiche une ambition politique démesurée et décomplexée : rien ne lui résiste lorsqu'il se fixe un objectif. Découvrant la trahison du nouveau président des Etats-Unis - qui lui avait promis le ministère des Affaires étrangères -, Underwood n'aura de cesse de fomenter sa vengeance qui se mange forcément glacée dans le cadre d'un parcours législatif ou électoral aux Etats-Unis.
Homme sans foi ni loi, Frank Under-wood n'a d'admiration que pour son épouse Claire, campée par l'impressionnante Robin Wright. A eux deux, ils forment un couple de grands fauves, des prédateurs forcément inscrits au sommet de la chaîne alimentaire qui n'ont pas un regard ni une once d'empathie pour les "losers" et les gagne-petit.
Maître ès Machiavel, Underwood affiche un parfait cynisme et peut se défaire d'une amitié de 20 ans en un claquement de doigts, si le besoin s'en fait ressentir. Son regard perçant et son visage de marbre sont l'une de ses meilleures armes lorsqu'il s'agit d'affronter le danger ou un ennemi potentiel. Pour tous les autres, reste la solution du chantage, de l'intimidation ou de l'humiliation. Ces trois axes nourrissent abondamment la trame de la série "House of Cards" dont la cinquième saison a été diffusée en mai dernier sur Be TV et Netflix. C'est aussi à travers ses yeux noirs et ses regards face caméra que Kevin Spacey, son fabuleux interprète, nous tire de notre position de "voyeurs" pour tenter de faire de nous ses complices…