Marc Ysaye : "Classic 21, c'est mon bébé. J'y ai cru et j'ai eu raison" (ENTRETIEN)
- Publié le 14-02-2018 à 18h48
- Mis à jour le 23-02-2018 à 09h48

Toujours au poste après trente ans de "Classiques", l'animateur ne raccroche pas. Si tous les gens de ma génération qui écoutaient et aimaient la même musique que moi étaient réveillés le dimanche matin parce qu'ils ont des enfants comme moi, on va leur donner la musique qu'ils aiment. C'est comme ça qu'est venue l'idée de l'émission." Marc Ysaye, directeur de Classic 21, a choisi ces mots pour expliquer la naissance des "Classiques" à son public lors du 30e anniversaire de l'émission mythique, le 4 février dernier. Il anime l'émission dominicale avec la même passion qu'en 1988. "1 500 émissions et aucune, je vous le promets, n'a été faite avec les pieds de plomb." Marc Ysaye, d'une voix reconnaissable entre toutes, confirme le bonheur que lui procure ce rendez-vous avec les auditeurs, avec lesquels il partage les coulisses et le contexte de leurs morceaux préférés. Une longévité unique dans le paysage radiophonique belge.
Qu'est-ce qui n'a pas changé en trente ans d'émissions ?
J'ai toujours essayé d'être honnête et crédible, c'est une question de mentalité. La base de mon émission, ce sont les classiques pop-rock, c'est intangible. Et là-dessus viennent se greffer des nouveautés.
Qu'est-ce qui a changé chez Classic 21 ?
La chaîne a bien sûr évolué avec son temps mais n'a jamais changé. C'est une forme de respect de la promesse faite aux auditeurs il y a trente ans.
Quel est votre ressenti en regardant derrière vous ?
Classic 21 c'est mon bébé. J'y ai cru et j'ai eu raison. C'est un projet musical avant tout mais j'en ai d'autres qui ont mûri. J'ai un projet d'album sous mon nom et un nouveau groupe, "Marc Ysaye & friends". Ce n'est pas parce que j'approche de la retraite que j'ai l'intention de tout arrêter.
Qu'est-ce qui vous a permis de tenir trente ans à ce poste ?
L'auditeur a toujours été ma principale motivation. C'est central, c'est ma plus grande préoccupation. Le credo de la chaîne est celui-ci : qu'est-ce qu'on pourrait faire en plus ? Alors on a aussi proposé des expériences, des live sessions, des exclusivités et des voyages. Seuls les auditeurs sont juges.
Comptez-vous un public plus jeune qu'aux débuts des "Classiques" ?
Les jeunes viennent naturellement vers Classic 21, nous n'avons pas été les chercher.
Alors comment expliquer leur intérêt pour une émission sur les classiques du rock ?
Je crois que c'est notre façon de parler de la musique, sans en faire trop. Puis le style et le ton de la chaîne. L'âge moyen de notre auditeur doit être 46 ans, je dirais, et il n'a pas vraiment vieilli depuis les débuts de Classic 21. Je dirais même qu'on rajeunit grâce à la webradio. On s'est naturellement tourné vers le numérique, comme les autres radios de la RTBF. Dans ce sens, la chaîne s'adresse à tous. Sans jamais se focaliser sur l'âge de nos auditeurs, on mise avant tout sur le partage. Mais tant mieux si on embarque les auditeurs, plus ou moins jeunes.
Vous prenez votre retraite fin 2018. Que va devenir votre émission ?
J'aurai 65 ans, donc je quitterai mes fonctions de directeur. Mais je vais certainement continuer l'émission pendant un an ou deux. On me l'a déjà demandé et il y a beaucoup de chances pour que j'accepte. On verra pour la suite à ce moment-là.