Aux USA, un projet inspirant sur le bégaiement
My Beautiful Stutter/ Be1, 20h30
- Publié le 14-11-2021 à 19h14

Qu'est-ce que Winston Churchill, Marylin Monroe, Samuel L Jackson et Bruce Willis ont en commun ? Le bégaiement. Un enfant sur vingt bégaie selon les chiffres avancés dans le documentaire My Beautiful Stutter. Dans ce film d'environ une heure et demie, Ryan Gielen et Steve Sander ont décidé de s'intéresser aux jeunes touchés par ce trouble de la parole.
"Ici, c'est le seul endroit au monde où je peux être moi-même", explique une fille d'entrée de jeu. "Taro, tu as créé un endroit incroyable", assure-t-elle en se tournant vers Taro Alexander.
S'exprimer librement
Bègue, lui aussi, ce dernier n'avait jamais connu une autre personne touchée par ce trouble avant l'âge de 26 ans. Alors, en 2001, il a décidé de créer la Stuttering Association for the Young (SAY), pour aider les jeunes à s'en sortir et leur faire prendre conscience qu'ils n'étaient pas seuls. Chaque été, il organise un camp où les enfants bègues du pays et d'ailleurs peuvent venir pour s'exprimer librement sans la peur d'être jugés.
En pleine forêt, à Hendersonville, en Caroline du Nord, on suit plusieurs protagonistes et leur famille (Julianna, Malcolm, Sarah, Emily, Will…), et on comprend les difficultés que ces jeunes doivent affronter. L'impossibilité bien souvent d'oser s'exprimer en classe, le mutisme qui s'installe à l'extérieur, les violences psychologiques et physiques commises par certains élèves, le manque d'empathie criant de certains professeurs (on fait la connaissance d'une super prof dans le film : Mme Siegel), la tristesse des parents, évidemment, de voir leur enfant souffrir.
Le temps d'un été, ces jeunes passent des vacances comme les autres ados. Via les activités sportives et artistiques, en grillant des marshmallows autour du feu, en se faisant des amis, en tombant amoureux, et en reprenant confiance en eux.
Le film constitue un portrait de la jeunesse américaine. Très touchant, Malcolm, de la Nouvelle-Orléans, a, par exemple, vu son père tirer sur sa mère lorsqu'il était enfant.
Ce documentaire a le mérite de donner la parole à ces jeunes, de nous faire comprendre ce qu'ils ressentent, de mettre en lumière le travail de "Say", et pourquoi pas en inspirer d'autres. Le film manque peut-être d'un peu de fond. On aurait aimé avoir plus d'éclairages de la part de spécialistes.
