Primavera : Barcelona, siesta y musica...
Après une escapade catalane il y a deux ans, nous nous étions promis d'y retourner. Pour goûter à nouveau à ce Primavera, dont on pourrait vous compter les louanges sur la longueur d'un roman-fleuve.
- Publié le 05-06-2012 à 04h15
- Mis à jour le 05-06-2012 à 08h07

Après une escapade catalane il y a deux ans, nous nous étions promis d'y retourner. Pour goûter à nouveau à ce Primavera, dont on pourrait vous compter les louanges sur la longueur d'un roman-fleuve.
D'abord pour son climat et sa situation géographique. Installé dans le Parc del Forum de la belle Barcelone chaque fin de mai, balayé de rayons chauds et d'agréables vents coulis marins, le site offre aux festivaliers du continent une efficace dépaysement. Et sa taille demeure raisonnable, en dépit d'une scène Mini un rien excentrée cette année dont nos jambes se souviennent. Certes, cette longue jetée bétonnée aménagée en bord de mer n'est pas irréprochable esthétiquement, mais l'on s'y promène le pas léger en toisant de profil la Méditerranée.
Puis, il y a la musique. Depuis sa première édition en 2001, l'événement a su se démarquer grâce à une programmation pointue et qualitative. Des exclus, des retours impromptus, des légendes vivantes et des découvertes en primeur - comme son nom l'indique - ont fait du Primavera un rendez-vous incontournable, respecté des professionnels et couru par les mélomanes bien renseignés. Conséquence directe de l'expertise de ses instigateurs, il arrive bien souvent que les horaires forcent à des choix cruels.
Nous nous y sommes donc baladé sans pression, pour vous compter quelques morceaux choisis. Si l'essentiel de l'événement se jouait du jeudi 31 au dimanche 3 juin, comme à chaque fois, les festivités débutaient bien avant et squattaient tout ce que la ville compte d'estrades, des scènes improvisées dans le métro aux planches de fortune des bars du centre en passant par la scène gargantuesque installée à la Ciutat, dans le dos de l'Arc de Triomf.
C'est là qu'auront commencé pour nous les choses sérieuses mercredi soir avec Jeremy Jay, The Wedding Present (qui y jouait en intégralité son classique "Seamonsters"), des remuants Walkmen et des Black Lips "plan-plan" un peu décevant.
Jeudi, nous entamions la moelle du Primavera au Parc. Et côté aînés, cette journée valait son pesant de pesos. Outre la présence de Lee Ranaldo (co-fondateur de Sonic Youth), dont la dextérité à la gratte ne souffre visiblement pas du nombre des années, The Afghan Whigs, récemment reformé, y retraçaient dix années de succès sur la San Miguel Stage, avant un passage par notre Cirque royal le 13 juin et au Pukkel.
Mais c'est surtout la prestation de Mazzy Star qui nous aura marqué. Seules six dates ont été annoncées dans leur chef cet été. Le duo formé par Hope Sandoval au micro et David Roback à la guitare aura inondé la plaine de mélodies rock et d'une ambiance psyché que Beth Gibbons n'aurait pas reniée.
Chez les cadets, on pointera The XX, dont le prochain album s'annonce d'excellente facture, le set explosif de Japandroids en bout de course et le show détonant de Thee Oh Sees, que vous regretterez de ne pas aller applaudir en Belgique cette semaine (De Kreun le 20, VK le 21, NdlR.).
Vendredi arrive une bien mauvaise nouvelle : après l'annulation de Sleep la veille, c'est au tour des Melvins de déclarer forfait. Une absence qui fait mal pour certains. Mais d'aucuns se rattraperont dans l'Auditorium, seule scène couverte du festival, en applaudissant, extatiques, la prestation de Jeff Mangum (Neutral Milk Hotel). Nous, on a savouré chacune des 140 minutes du concert de The Cure comme un ado, dansé (enfin) à l'envi au son de SBTRKT, bien ri devant les acrobaties satanistes et les cris gutturaux de Mayhem et chanté à pleine gorge les hymnes de The Rapture.
Enfin, samedi fut une journée magique. Celle où l'on aura vu le plus de prestations "canons". La douceur folk de Kings Of Convenience d'abord (notre photo). Un très très grand Dominique A, habitué de la Primavera, ensuite. Sans oublier, la pop épidermique et le très bon dernier disque de Chromatics (à voir à Flagey ce week-end), le R'n'B doucereux de The Weeknd (ce mercredi soir au Recyclart), le garage rock épicé des Espagnols Murejes, et la conclusion électronique de Justice.
Hasta luego Barcelona ! C'est sûr, on y reviendra...
