Esperanzah ! 2024 : Flavia Coelho, MC Solaar et Zaho de Sagazan ont transformé le festival en boîte de nuit
La 22e édition du festival, entièrement repensée, a attiré quelque 27 000 personnes de vendredi à dimanche à l'Abbaye de Floreffe, ont annoncé les organisateurs en clôture de celui-ci.

- Publié le 29-07-2024 à 12h51

Ciel bleu, soleil, chaleur, bonne humeur, cadre enchanteur de l'Abbaye de Floreffe, tous les ingrédients étaient au rendez-vous pour clôturer en beauté le festival Esperazah ! qui a attiré quelque 27 000 festivaliers de tous âges sur trois jours. On pouvait y voir de nombreuses familles ce dimanche découvrir le "Village des enfants", ou des plus téméraires s'enivrer de la "Turbine" et son DJ dans le noir métallique, tandis que d'autres ont fait le plein de bijoux, sarouel et savons au "Bazar" ou de leur estomac auprès des food truks qui ont remplacé l'ancienne scène "Futuro" du bas du site (attention si vous êtes à l'abbaye, il faut tout redescendre… puis remonter). Entièrement repensé par les organisateurs, le site accueille désormais sept (plus petites) scènes réparties selon leur caractère. "La rugissante", scène où le politiquement engagé est autorisé, du drag king au karaoké live en passant par le stand up. Le chapiteau de la compagnie Buenavontura ("Wakatay") abrite les arts de la rue le jour et DJ sets la nuit. En remontant, à mi-chemin, la "Nova" accueille les artistes émergents de la musique actuelle. Sur le parcours, des animations et artistes de rue (funambules, Robert la licorne…) sont là pour distraire les festivaliers entre deux concerts. Pour petits et grands, c'est l'émerveillement.

Une transformation profonde
Fini l'aller-retour entre la scène "Futuro" et la scène "Jardin" (et son lot d'embouteillages). Désormais on s'y promène comme dans un village, avec à chaque étape, son lot de surprises. Tel est l'état d'esprit qu'ont voulu apporter les organisateurs pour cette 22e édition. "C'est une transformation forcée à la suite d'un gros déficit en 2023. On s'est dit qu'il était temps de revoir notre modèle, de pousser les curseurs qui font la singularité de l'Esperanzah au maximum : la scénographie, les arts de rue, la découverte des artistes belges et internationaux… Ça a nécessité un changement profond dans l'organisation et dans la manière dont on construit le festival", nous explique Arnaud de Brye, coordinateur. Le festival a mis le frein sur l'accélérateur pour se déployer autrement. Et le résultat est réussi, en particulier pour les familles qui y étaient plus nombreuses que les années précédentes. Le festival n'oublie pas sa fibre engagée et écologique avec son "Village des possibles" où toutes les associations sont représentées (Médecins du monde, Greenpeace…).
Seule la grande scène fédératrice ("Jardin") restait finalement inchangée dans cette mue avec des artistes belges et internationaux de plus grande envergure. On pouvait y entendre ce dimanche soir les têtes d'affiche Flavia Coelho, MC Solaar et Zaho de Sagazan qui ont transformé le site en boîte de jour… puis de nuit.

Flavia Coelho, pétillante
Vaguant entre pop, samba, reggae, forro, bossa et hip-hop, Flavia Coelho a apporté le soleil du Brésil à Floreffe. Entre anciens (Temontou (2016)) et nouveaux titres ("Mama Santa"), la Brésilienne a convaincu la plaine de l'abbaye sur des sons organiques avant de la faire danser avec l'énergie qu'on lui connaît, en n'hésitant pas à jouer du "trombone à coulisse", "son objectif de désir en 2024". Et "comme au Brésil tout va très vite", il n'aura pas fallu plus d'une demi-heure pour qu'elle considère les festivaliers comme ses "amis". Et c'est entre amis que ceux-ci ont fait la fête dans une ambiance solaire et caliente.

MC Solaar, rassembleur
Beaucoup attendaient avec impatience la légende du rap français qui a poursuivi cette soirée réussie, le soleil couchant en toile de fond. Et comme toute légende, celui-ci n'a eu qu'à dérouler ses titres pour satisfaire les festivaliers, accompagné de son DJ : "À Dix De Mes Disciples" (1994), "Qui sème le vent récolte le tempo" (1991), "Victime de la mode" (1991), "Bouge de là" (1991), avant d'exploser en fête sur ses tubes "Caroline" de l'album à succès (1991), "Solaar pleure" (2001), "Hasta la vista" (2001)… repris en chœur par le public déchaîné. "Ça a été un bel échange, nous vous remercions", s'est-il exprimé avant de prendre congé face à une plaine comble.

Zaho de Sagazan, électrique
C'est au son électrisant des pads et synthés que Zaho de Sagazan a clôturé de sa voix grave le festival. Démarrant dans le calme de ses chansons plus mélancoliques ("Le dernier des voyages") et sentimentales ("Dis-moi que tu m'aimes", "Mon inconnu", "Je rêve"…). La lumière change l'ambiance au fil de cette tempête émotionnelle, tandis que le public reste captivé. La symphonie des éclairs ("écrite pour tous les êtres sensibles") reprise avec le public viendra mettre le point d'exclamation de ce rendez-vous électrisant, avant de transformer le jardin de l'abbaye en véritable boîte de nuit ("Ne te regarde pas", "Dansez" qui durera plus de dix minutes), avant de clôturer sur "Modern love" de David Bowie.
