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C'était au temps du cinéma muet

Opéra. Une "Flûte enchantée" légendaire à ne pas manquer.

Nicolas Blanmont, envoyé spécial à Lille
Les trois Dames, Tamino et, dans l'arbre au-dessus de son chat, Papageno.
Les trois Dames, Tamino et, dans l'arbre au-dessus de son chat, Papageno. © FREDERIC IOVINO

C'est une des productions lyriques les plus mythiques de ces dernières années que l'Opéra de Lille a eu la bonne idée d'afficher pour sa Constellation d'été : La flûte enchantée dans la mise en scène créée à la Komische Oper de Berlin en 2012, un spectacle qui a connu depuis plus de cinquante reprises dans presque autant de salles réparties sur cinq continents, mais que sa conception même rend impossible à filmer pour en faire un DVD.

Film d'animation

L'idée de départ est géniale, et sa réalisation est irrésistible : une transposition du dernier opéra de Mozart dans le cinéma muet des années 20, en insérant les personnages dans un film d'animation, dont les visuels empruntent aux silhouettes découpées de Lotte Reininger dans le Berlin de l'époque ou aux dessins de Tim Burton. Pamina ressemble à Louise Brooks et Papageno à Buster Keaton, Monostatos est le Nosferatu de Murnau, Sarastro et ses suivants de grand bourgeois à la noble barbe en frac et haut de forme, la Reine de la Nuit une implacable araignée, les trois dames trois petites bourgeoises de la république de Weimar (Mmes Cancans, Potins et Ragots) et le reste est à l'envi.

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