Massive Attack à Bruxelles : concert époustouflant, soutien aux écoles francophones et un bémol
Ce lundi, à Bruxelles, la formation emblématique de Bristol a livré une prestation plus engagée que jamais. Son message à nos professeurs et élèves a été particulièrement apprécié.

- Publié le 09-06-2026 à 12h20

"Heligoland", le dernier album de Massive Attack, remonte à 2010. Mais ne pas sortir de disque ne signifie pas stagner et fainéanter. Sur scène, la formation de Bristol prouve qu'elle reste au taquet, se réinvente et reste plus que jamais attentive à ce monde qui ne tourne pas rond. Ce lundi, dans une salle de Forest National archi-comble, Massive Attack a encore frappé fort : un concert grandiose sur un plan musical, frontal politiquement et porté par une setlist déroutante.
Climax de la soirée ? Une version sidérante d'Unfinished Sympathy, extraite de "Blue Lines", premier jalon trip-hop posé en 1991. Merveille soul née dans l'angoisse du déclenchement de la première guerre du Golfe, Unfinished Sympathy résonne différemment aujourd'hui. Sur scène, le morceau s'accompagne d'images de Gaza : bombardements, ruines, enfants perdus, zones urbaines dévastées… Sur le haut des écrans, des compteurs tournent : statistiques des victimes, des orphelins, d'hôpitaux détruits, des montants astronomiques des dépenses consacrées à la guerre. Un choc émotionnel contrebalancé par la voix lumineuse de Deborah Miller. Écoulé à plus de 600.000 exemplaires à sa sortie, ce titre trouve ici une nouvelle portée..
Le groupe suit l'actualité belge
Dans cette nouvelle tournée, Massive Attack s'appuie toujours sur des datas et des images du monde en temps réel. Israël, Iran, Ukraine, Congo, famines, dérives du capitalisme, outrance de Trump, indifférence de Poutine… Rien n'échappe à leur regard. Mais il y a aussi de l'espoir et du sursaut. Attentif à ce qui se passe dans nos rues et dans nos écoles, Robert "3D" Del Naja lance : "Étudiants, professeurs, résistez !" Réponse immédiate : une ovation massive pour Massive.
Des titres surprises

Dans le chaudron forestois, les fans -dont beaucoup n'étaient pas nés quand le groupe émergeait des brumes de Bristol à la fin des années 80- sont ravis. Horace Andy, la légende jamaïcaine, est en grande forme vocale. Elisabeth Fraser, voix mythique des Cocteau Twins, est aussi présente. Après le magnifique Song To The Siren -titre de Tim Buckley qu'elle interprétait déjà pour le projet This Mortal Coil-, elle dira adieu au public avec l'incandescent de Teardrop.
Le seul bémol
Au cours de la soirée, Massive Attack a aussi repris une pépite punk d'Ultravox (Rockwrok) mais a zappé, par contre, les classiques de son opus "Protection". Le vrai bémol : le groupe n'a pas joué Boots On The Ground, son récent brûlot antifasciste enregistré avec Tom Waits. Mais, pour le reste, c'était grandiose. Et qu'on cesse aussi de critiquer la salle de Forest National pour le son. Avec des professionnels à la console, l'acoustique y est parfaite. On l'a vu -et surtout entendu- ce lundi.