Francofolies 2025 en demi-teinte mais final étincelant
Stephan Eicher et Clara Luciani ont mis le feu ; on aurait tellement aimé que Véronique Sanson fasse de même.
- Publié le 21-07-2025 à 15h48
- Mis à jour le 22-07-2025 à 12h13

Dimanche midi, au moment de dresser le bilan de ces Francofolies 2025, les organisateurs se montraient mitigés : si l'affluence était en baisse, c'était dû à la baisse de 30% des ventes des pass quatre jours, on parle quand même de 110 000 festivaliers en quatre jours à Spa.; puis il y a eu la polémique sur la présence du chanteur Amir, ayant entraîné des menaces et la grogne d'une dizaine d'artistes qui, soit l'ont fait savoir sur scène, soit ont annulé leur venue. La bonne nouvelle est venue de la fréquentation du festival par les plus jeunes visiteurs, en particulier le vendredi. Reste à voir si la concurrence, le même week-end, de deux autres mastodontes comme Tomorrowland ou Dour, ne joue pas des tours.
On pourra toujours rétorquer que les organisateurs de ces trois festivals ne chassent pas sur le même terrain, mais la présence, samedi en fin de soirée, à Spa, d'Henri PFR, arrivé dans la ville d'eau en hélicoptère depuis Boom où il s'était produit plus tôt prouve que, oui, des passerelles existent entre ces différents festivals. Durant la carte blanche de COLT, toujours samedi, une artiste est venue de Dour par amitié pour Coline et Toitoine (un duo qui aura marqué l'édition 2025 de ces Francos).
Quant à la dernière journée, elle aura connu des hauts et des bas. Premier invité de la journée, l'orage qui s'abattit sur la ville. Nous pensons à ces trois jeunes artistes qui venaient à peine de se mettre à jouer dans la rue piétonne quand des trombes d'eau s'abattaient sur eux, les obligeant à un repli stratégique dans le magasin devant lequel ils jouaient.
La Reine Katerine mise à Nu
Sur le coup de 17h45, sous un ciel comme lavé, Philippe Katerine faisait son apparition en reine d'Angleterre sur la scène Pierre Rapsat, avant d'enchaîner par "Nu" et d'autres titres mêlant provoc et esprit punk. On aime ou on n'aime pas, chacun se fera son opinion. Certains festivaliers n'auront pas hésité à crier : "J'adoooore." Personnellement cela nous a fait marrer, encore plus quand d'autres se sentaient choqués ou outrés.

En cette dernière journée, nous retrouvions avec un plaisir toujours renouvelé sur la scène Proximus Stephan Eicher dans une formation en quintet acoustique commençant par "Je n'ai pas d'ami comme toi" et finissant par "Déjeuner en paix" et deux morceaux en allemand, le chanteur ne manquant pas de rappeler la polémique de plus de sept siècles entre Bernois et Jurassiens en présentant son bassiste. Histoire de démontrer, primo, que les Suisses ont de l'humour (nous n'en doutions pas) et deuzio, que les Suisses ont aussi eu leurs conflits jusqu'à il y a 50 ans avant d'interpréter avec ce bassiste "Lieblingsläbe" en patois bernois.

Sanson, avec de l'émotion sur la fin
Après ce set trois étoiles, venait l'événement le plus attendu de ce festival : la prestation de Véronique Sanson. À propos d'attente, il faudra déjà patienter un bon quart d'heure avant que la dizaine de musiciens ne montent sur scène et que la reine Véronique ne fasse son apparition. En deuxième chanson, "Besoin de personne" en laissait plus d'un sceptique. Quelques airs moins connus allaient voir un certain nombre de spectateurs, sans doute parmi les plus âgés, s'en aller désappointés. Puis, tout à coup, la magie a opéré, nous rappelant certains concerts d'Arno qui semblaient mal embarqués et qui se terminaient dans l'émotion la plus totale. "Bahia", interprété seule au piano, avec une Véronique Sanson soutenue dans les aigus par le public, comme elle l'avait été précédemment par ses deux choristes, restera parmi les moments magiques de cette édition.

Clara a étoilé la nuit
Retour à la scène Proximus où Mustii allait électriser le public, mais c'est bien le final que nous attendions avec une impatience non dissimulée. Un peu comme Stephan Eicher ou deux ou trois autres artistes, Clara Luciani est de ces artistes qui pourraient chanter les horaires des trains à la gare de Spa-Géronstère qu'on trouverait cela fabuleux. En toute objectivité de notre part !
Et on n'aura pas été déçu par la Martégale qui a trouvé la martingale pour réussir des tubes alliant texte puissant et musique imparable. Quant au show présenté dimanche, plus rock que celui que nous avions vu précédemment, il s'ouvrait avec "Courage". Tout de noir vêtu, la longiligne Française à la bonne humeur communicative a enfilé les perles, "Amour toujours" puis "Ma Sœur", "Cœur", "Comme toi", "Mon ombre", "La Grenade" avant de rappeler au public que "Tu es tout pour moi", le tout avec un light show énorme pour ponctuer de la plus belle manière ces Francos 2025. "Le reste", Clara nous le laisse avant de nous danser une dernière injonction : "Respire encore". Jusqu'à l'année prochaine.
