A Rock Werchter 2025, le sourire carnassier d'Iggy Pop, un moment carrément magique et Linkin Park éclipsé
Placée sous le signe des guitares et de l'engagement pour la Palestine, la première journée de Rock Werchter 2025 a vu triompher le vétéran Iggy Pop et les Dublinois Fontaines D.C. qui ont éclipsé Linkin Park en pilotage automatique.

- Publié le 04-07-2025 à 09h47

Trois secondes et demie après être monté sur la scène de The Bard, ce jeudi 3 juillet à Rock Werchter 2025, Iggy Pop avait déjà balancé sa veste en cuir pour exhiber son torse buriné par les stigmates des excès. Peau cramée, chevelure de vieux Comanche, l'icône de Detroit défie les lois de la biologie. Comment un corps humain qui a tout brûlé par les deux bouts peut-il encore se mouvoir avec une telle intensité à 78 ans ? C'est complètement dingue.
Sur le coup de 22h15, tout le monde a compris que l'Iguane allait voler la vedette à la tête d'affiche du jour Linkin Park. Il lance des "fuck" comme autant de signes d'affection, se roule par terre, transforme sa claudication en danse tribale, cognant son micro sur le front ou sur sa hanche bousillée. Oui, Iggy est toujours animé de cette fameuse "rage de vivre" (Lust For Life). Sourire carnassier, il enchaîne les hymnes comme un boxeur distribue les uppercuts. TV Eye, Raw Power, Gimme Danger, The Passenger, I Wanna Be Your Dog (avec cris de chien et high-fives aux fans des premiers rangs) : il n'y a aucun déchet.
Rock, sueur et liberté

Derrière lui, le groupe envoie du lourd, les cuivres claquent, les bières volent. C'est le bordel, c'est le rock, c'est la sueur, c'est la liberté. Dans une version apocalyptique de son brûlot stoogien Search And Destroy, Iggy scande: "Je suis un guépard dans les rues. Le fils fugueur de la bombe nucléaire. Que quelqu'un sauve mon âme." Ce jeudi, Iggy a tout donné. Et nous, on a tout pris.
Fontaines D.C.

Autre très bonne surprise de la journée, Fontaines D.C. Toujours efficace sur disque, la formation post-punk dublinoise nous avait laissés sur notre faim lors de ses dernières prestations belges. Ce jeudi, on a retrouvé l'urgence qui animait les garçons lors de ses premières joutes live à l'époque de "Dogrel" (2019).
Free Palestine

Emmené par un Grian Chatten à la fois appliqué et apaisé, Fontaines D.C. a laissé parler sa musique tout en distillant ses messages. "Free Palestine", répété au micro et affiché sur les écrans, résonne sans détour dans la plaine du Brabant flamand. Et quand Roman Holiday s'élève, avec le soleil couchant, une pintje fraîche à la main, les potes autour et les vacances en ligne de mire, le moment devient carrément magique.
Deftones conquérant
Profitant à fond de la vibe "revival", la formation californienne Deftones a fait autant plaisir aux fans de la première heure qu'à une nouvelle génération de curieux. Revoir Chino Moreno et sa bande sur la grande scène de Rock Werchter est un plaisir qui ne se refuse pas. Nostalgie ou pas, on s'en fout. Le démarrage au quart de tour avec Be Quite and Drive (Far Away) et My Own Summer (Shove It) deux extraits de leur classique "Around the Fur" (1997) a donné le ton d'une partition nette, carrée et sans bavure. Respect.
Très chouette sieste/apéro aussi avec la prestation parfaitement décontractée de De La Soul, la formation hip-hop "peace & love" dont la dernière apparition à Rock Werchter remontait à 2003.
