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Ne faisons pas trop vite de l'IA notre partenaire

Nous aurions trop à y perdre, argumente Camille Dejardin dans un bel essai.

illustration Vincent Dubois
©Vincent Dubois

"À quoi bon encore apprendre ?" Pourquoi se casser la tête sur un rapport de 120 pages alors que l'intelligence artificielle le synthétise en une poignée de secondes ? Aujourd'hui, quel intérêt a-t-on d'étudier les guerres puniques ou un sonnet de Verlaine ? À l'heure du savoir livré "prêt à l'emploi" par ChatGPT, l'effort d'acquérir des connaissances n'est-il pas devenu vain ?

La question, bien sûr, trouve de multiples réponses, mais la philosophe française Camille Dejardin a eu le don d'en déployer une dans un petit essai très argumenté et exigeant (1). L'apprentissage, avance-t-elle, "ne vaut pas seulement pour son résultat final, qui peut éventuellement être produit sans nous, mais pour la transformation de nous-mêmes qu'il opère."

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