Edito: on aimerait pouvoir dire que la rentrée politique sera parfaite. Hélas, non...
Un édito de Francis Van de Woestyne.

- Publié le 01-08-2019 à 06h26
- Mis à jour le 01-08-2019 à 06h27

Un édito de Francis Van de Woestyne.
C'est donc la trêve. En août, il fait trop chaud pour négocier. Volets fermés. Bouches cousues. Esprits ramollis. Out en août. La politique va tourner au ralenti. De quoi se plaint-on ? Le soleil brille, les enfants rient, il suffit d'ouvrir papilles et pupilles pour profiter de la vie.
On aimerait pouvoir dire : voguez en paix, citoyens belges, votre pays est en de bonnes mains. Partez en goguette, quand vous reviendrez, il y aura des ministres aux manettes, les ennuis politiques seront rangés aux oubliettes, la rentrée sera parfaite.
Hélas, non. Le bilan politique d'après-élection est bien mince. Deux gouvernements (Communauté germanophone et Région bruxelloise) ont été formés. Mais, en Wallonie et en Communauté française, que de temps perdu : deux semaines de pseudo-négociations avec des communistes, un mois de tergiversations autour d'un coquelicot mort de soif. Et, depuis lors, trois partenaires se regardent en chiens de faïence. En Flandre, Bart De Wever négocie depuis des lunes avec un partenaire, le Belang, avec lequel il n'a pas de majorité. Il finira par en choisir d'autres. Tout ça pour ça. En Belgique, il faut que chacun fasse son cinéma.
Le gouvernement belge se fait aussi attendre. Pas grave ? Pas si sûr. L'exécutif est en affaires courantes depuis le 18 décembre 2018 déjà. Cela ne l'empêche pas de prendre des décisions. Mais à la petite semaine. Les réformes indispensables sont en rade. La question est : c'est quand qu'on va où ? Pour faire quoi et avec qui…? Les écologistes ont décrété qu'ils ne négocieraient qu'avec des gens qui pensent comme eux. Les socialistes veulent bien croiser, par hasard, des nationalistes autour d'un buffet. Mais rien de plus. Les partis flamands, eux, veulent bien des socialistes mais ne veulent surtout pas abandonner les nationalistes. Il y a deux logiques, il faudra bien en choisir une. Soit allier socialistes et nationalistes. Soit se passer des nationalistes. Sinon, à ce petit jeu, on atteindra l'année 2020 avec un gouvernement toujours en coulisse. Allez, ho ! hisse ! Il faudra bien un jour hisser la grand-voile.