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Protéger les enfants, enfin, face aux réseaux sociaux

Un édito de François Mathieu

Illustration jeune GSM adolescente téléphone
Un enfant sur trois est aujourd’hui internaute. Un sur quatre ment sur son âge pour accéder aux plateformes. Et les signalements d’abus explosent. ©Adobe Stock

Il y a quelque chose d'indécent à observer des enfants, des heures durant, dans des couloirs numériques conçus pour ne jamais en sortir. Indécent, et désormais documenté. Les réseaux sociaux ne sont pas de simples places publiques modernes : ce sont des architectures de captation, fondées sur une économie de l'attention qui ne fait aucune différence entre un adulte averti et un enfant de dix ans. Cette indifférence n'est plus tenable.

Le délégué aux droits de l'enfant, Solayman Laqdim, l'a rappelé avec gravité : les effets de ces dispositifs sur la santé mentale des mineurs sont "dévastateurs", parfois "mortifères". Bulles informationnelles, exposition à des contenus violents ou sexualisés, mécanismes addictifs fondés sur des algorithmes opaques enferment les plus jeunes dans un univers qui les façonne sans jamais leur demander leur avis. Un enfant sur trois est aujourd'hui internaute. Un sur quatre ment sur son âge pour accéder aux plateformes. Les signalements d'abus explosent.

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