Edito: les excès de Bart De Wever
Un édito de Francis Van de Woestyne.

- Publié le 08-09-2020 à 06h49
- Mis à jour le 08-09-2020 à 13h01

Bart De Wever et ses acolytes fredonnent la même musique : installer un gouvernement Vivaldi, donc sans la N-VA, ni le Belang, c'est bafouer la démocratie. Mais absolument pas !
En Belgique, la Constitution ne prévoit pas que le gouvernement national doive disposer d'une majorité dans chaque groupe linguistique. Il doit être soutenu par une majorité de députés à la Chambre. Ce qui sera (serait ?) le cas. Plusieurs démocraties européennes sont dirigées par des gouvernements minoritaires.
La N-VA a gouverné pendant quatre ans avec le MR, seul parti francophone de l'équipe Michel. Cela n'a pas dérangé Bart De Wever, qui a, finalement, décidé de quitter le gouvernement, rendant l'exécutif… minoritaire en Flandre.
Il est donc possible de gouverner avec la N-VA mais il n'y a pas de majorité en Belgique pour appliquer son programme confédéral. Ce système ne fonctionne nulle part. Le confédéralisme, c'est l'antichambre du séparatisme. Curieux homme qui veut absolument gouverner un pays qu'il rêve de rayer de la carte.
L'homme rappelle que la Flandre assure 83 % des exportations belges, 70 % des impôts et paye des milliards de transferts. "En guise de remerciement, dit-il, nous sommes mis en minorité…" Intéressant ! Prône-t-il un retour au suffrage censitaire : je paye plus, donc ma voix compte plus que celle d'un autre ? Il est utile de préciser que parmi les exportations "flamandes" sont comptés les produits de Wallonie et de Bruxelles qui transitent par le port d'Anvers.
Cela dit, il faut reconnaître que les francophones lui offrent des arguments. Un des moteurs du nationalisme flamand, ce sont les différences dans les performances économiques entre les régions. La meilleure façon d'assécher les revendications nationalistes, c'est de rendre Bruxelles et la Wallonie plus dynamiques. Il y a un redressement mais trop lent. Si la Flandre avance, c'est aussi parce qu'elle suit un objectif clair, traduit dans des résolutions votées en 1999 par le Parlement flamand. Que veulent les francophones ? Vingt ans plus tard, on ne le sait toujours pas.
Dernier élément qui agite le landerneau : le Premier ministre doit-il être francophone ou flamand ? C'est simple : il doit être belge.