Recette pour un bon compromis
Nous pouvons lire en pleine page dans la presse : "Langage de guerre", "Guerre ouverte", "La méfiance règne". En effet, la situation de notre pays laisse peu de place à l'espoir. Si on n'y prête pas attention, celle-ci risque de glisser dangereusement vers une impasse totale. Une opinion de Philippe de Dorlodot et Jo Hanssens, respectivement Président du Pax Christi Wallonie-Bruxelles et Président du Pax Christi Vlaanderen.
- Publié le 05-10-2010 à 04h17
- Mis à jour le 05-10-2010 à 09h26

Nous pouvons lire en pleine page dans la presse : "Langage de guerre", "Guerre ouverte", "La méfiance règne". En effet, la situation de notre pays laisse peu de place à l'espoir. Si on n'y prête pas attention, celle-ci risque de glisser dangereusement vers une impasse totale. Dans ce cas, nous serons, à un moment donné, obligés de constater avec effroi que la formation d'un gouvernement fédéral n'est plus possible. Et alors ? Croyons-nous peut-être qu'une séparation des biens soit possible d'un commun accord, si nous ne sommes pas en mesure de relever les défis actuels par le dialogue, la concertation et le compromis ?
Un compromis est un arrangement à l'amiable, un accord entre des parties, où chaque partie concède quelque chose à l'autre. Cependant, il existe deux types de compromis. Un compromis vers le bas, où des concessions sont faites à contrecœur, car il n'y a pas d'autre choix. Un tel compromis ne profite à personne et ne rend personne vraiment heureux. Toutefois, il existe également un compromis vers le haut, grâce auquel tout le monde se porte mieux. Un compromis vers le haut doit être l'objectif des négociateurs autour de la table. Un tel compromis est également un contrat, un engagement que nous acceptons. Le terme latin "compromittere" signifie : "faire une promesse réciproque" ou "promettre ensemble".
Lorsqu'un parti politique démocratique brigue la faveur des électeurs, il exprime ses points de vue et ses options de manière aussi claire et réaliste que possible, sans fioritures, mais également sans rhétorique démagogique. Dès après les élections, une autre approche commence dans notre structure démocratique : celle d'une concertation attentive et patiente, d'un dialogue respectueux et non-violent, à la recherche d'une majorité politique avec laquelle il est possible de travailler et de faire un "compromis".
Le concept clé devient dès lors : la discussion, le dialogue, la concertation. Le dialogue est un véritable art ; mais qui apprend encore cet art à l'école et dans les familles ? Qui connait encore cet art dans le monde politique, dans notre société médiatique ? Quiconque entame un dialogue difficile doit commencer par s'exercer au langage de la communication non-violente. Un tel langage n'est pas compatible avec des paroles telles que "mettre le couteau sur la gorge de quelqu'un" ou "mettre quelqu'un au pied du mur". Le dialogue et la communication non-violents se fondent sur l'empathie, l'écoute des sentiments et des besoins de l'autre, l'expression de ses propres sentiments et besoins. Ce faisant, on évite à chaque fois de mettre sur le dos de quelqu'un les erreurs du passé.
Sans confiance, sans respect et bonne volonté de part et d'autre, le dialogue est impossible et un bon "compromis" ne peut être atteint. Les partis politiques désignés par les électeurs pour former un gouvernement fédéral se doivent envers eux-mêmes, envers leurs électeurs et l'ensemble de la population de conclure un bon et honorable compromis, de sorte que les communautés et les régions de notre pays se portent mieux. Les deux sections de Pax Christi de notre pays en appellent à la conscience et à l'aptitude au dialogue de l'ensemble des négociateurs afin d'œuvrer avec persévérance et patience à un tel nouveau compromis historique.
