D'origine étrangère comme le Roi et pourtant bien belge !

La citoyenneté ne se mesure pas à l'origine des parents, mais à l'engagement, aux droits et aux devoirs de chaque individu. Nous demandons donc au ministre Clarinval de clarifier davantage publiquement sa position.

Vice-prime Minister and minister of Economy and Work David Clarinval arrives for a 'Kern' meeting gathering selected Ministers of the Federal Government, Wednesday 29 October 2025 in Brussels. BELGA PHOTO JONAS ROOSENS
La communication du ministre de l’Emploi, David Clarinval, au sujet de la proportion de personnes d’origine étrangère au sein des futurs exclus des allocations du chômage a provoqué de vives réactions. ©Belgaimage

Une opinion de Jean Kitenge, fonctionnaire fédéral et président des jeunes socialistes de la Ville de Bruxelles

Les récentes déclarations de M. David Clarinval, relayées dans l'article de SudInfo et lors de ses interventions sur RTL, suscitent une profonde inquiétude. Elles semblent suggérer que seuls les Belges "nés de parents belges" pourraient pleinement revendiquer la citoyenneté, stigmatisant ainsi celles et ceux dont les origines sont étrangères. Dans une société démocratique et pluraliste, où la citoyenneté repose sur la loi et l'égalité des droits, de tels propos sont non seulement factuellement inexacts, mais aussi profondément nuisibles.

Un ministre de l'État, et plus encore un membre du gouvernement fédéral, porte la responsabilité particulière de représenter l'ensemble de la population, dans sa diversité et sa richesse culturelle. Relayer ou tolérer des discours qui excluent certains citoyens de leur appartenance nationale sape la confiance dans les institutions et fragilise le lien social. Cela peut également nourrir un climat de méfiance et de discrimination, incompatible avec les principes fondamentaux de notre Constitution.

Les médias ont un rôle central dans la diffusion de l'information et la formation de l'opinion publique. Lorsqu'un média relaie des propos pouvant être interprétés comme stigmatisants pour les Belges d'origine étrangère, cela appelle une vigilance accrue sur la manière dont les messages politiques sont transmis et contextualisés. Les responsables politiques doivent, plus que quiconque, mesurer l'impact de leurs paroles et veiller à ce qu'elles ne portent pas atteinte à l'égalité et à la dignité de tous les citoyens.

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Pour souligner l'absurdité de tels propos : devrions-nous considérer le roi Philippe comme non belge ? Stromae ? L'ex-premier ministre Elio Di Rupo ? Moi-même, enfant issu d'un métissage belgo-congolais, et dont la famille belge (présente sur le territoire avant même la naissance de la Belgique) ayant des ancêtres espagnols et portugais, dois-je me sentir "non belge" ? Quid d'une majorité de Bruxellois dont la richesse culturelle n'est plus à démontrer, sont ils des citoyens de papier uniquement pour le ministre ? Erreur ou interprétation de sa part, le mal est fait.

Dans ce contexte, il apparaît nécessaire que M. David Clarinval apporte davantage encore de clarifications publiques. Plus encore, au regard de l'atteinte portée à l'unité nationale, une réflexion sur sa capacité à continuer d'exercer ses fonctions avec la confiance de l'ensemble des citoyens s'impose. La responsabilité d'un ministre n'est pas seulement d'élaborer des politiques, mais également d'incarner les valeurs d'inclusion et de respect qui fondent notre démocratie.

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Nous appelons donc à une prise de conscience immédiate et à des mesures proportionnées afin de restaurer la confiance des citoyens. La responsabilité politique exige que ceux qui représentent l'État soient exemplaires dans leurs paroles comme dans leurs actes. La démocratie et le vivre-ensemble ne peuvent tolérer des ambiguïtés qui mettent en doute l'appartenance pleine et entière de certains citoyens à la nation.

En conclusion, il ne s'agit pas seulement de corriger une maladresse ou une formulation maladroite, mais de rappeler que la citoyenneté ne se mesure pas à l'origine des parents, mais à l'engagement, aux droits et aux devoirs de chaque individu. Nous demandons donc à M. Clarinval de clarifier davantage publiquement sa position, et, si nécessaire, de considérer la démission comme seule issue compatible avec le respect de l'égalité des Belges devant la loi et l'État.


Les textes qui paraissent dans la rubrique Débats sont des contributions externes, qui n'engagent pas la rédaction.

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